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Un cas de modification de l'absorption des médicaments antirétroviraux après une chirurgie bariatrique chez une patiente VIH+

WASHINGTON, 19 septembre 2018 (APMnews) - Des chercheurs suisses rapportent le cas d'une patiente VIH+ dont l'absorption des médicaments antirétroviraux a été modifiée après une chirurgie bariatrique, dans une correspondance publiée dans AIDS.
"L'impact de la chirurgie bariatrique sur la pharmacocinétique des médicaments antirétroviraux est peu documentée", rappellent les chercheurs. En particulier, "l'opération de bypass gastrique Roux-en-Y, qui réduit le volume de l'estomac, provoque une augmentation du pH gastrique. Cela peut altérer l'absorption des médicaments dont la solubilité nécessite que ce pH soit faible, comme la rilpivirine [Edurant*, Janssen, groupe J&J] et l'atazanavir [Reyataz*, Bristol-Myers Squibb, BMS]", expliquent-ils.
Au cours de cette opération, le duodénum et le jéjunum sont partiellement contournés, ce qui impacte l'absorption médicamenteuse, en raison d'une exposition réduite au mucus intestinal. Or, le maintien d'une concentration suffisante en médicaments antirétroviraux est crucial, compte-tenu du risque de rechute virale chez les patients séropositifs si la concentration de médicaments est insuffisante.
Les chercheurs ont analysé les profils pharmacocinétiques du darunavir + ritonavir (Prezista*, Janssen + Norvir*, Abbvie) et de l'emtricitabine et du ténofovir durant les périodes postopératoires précoce et tardive de cette opération de chirurgie bariatrique chez une patiente VIH+.
Au moment de son opération, la patiente prenait ces médicaments une fois par jour et sa charge virale était indétectable. Ayant anticipé le fait que la chirurgie pourrait modifier les concentrations, les chercheurs ont augmenté la dose de darunavir/ritonavir juste après l'opération mais n'ont pas modifié celles de l'emtricitabine et du ténofovir.
Ils ont ensuite comparé les profils pharmacocinétiques des traitements antirétroviraux à des profils de référence et ont observé une diminution transitoire mais marquée de l'exposition au darunavir. Selon eux, cette diminution s'explique par l'altération de l'absorption du darunavir et particulièrement du ritonavir, perturbant ainsi son effet boostant sur le darunavir, durant la période postchirurgicale précoce.
"Malgré cette diminution, les taux de darunavir sont restés bien au-dessus de la concentration médicamenteuse permettant d'inhiber la réplication virale de 90% pour le virus de type sauvage et la charge virale de la patiente est restée indétectable tout au long" du suivi, notent les chercheurs. Mais "cette diminution de la concentration du darunavir après la chirurgie pourrait s'avérer problématique chez les patients infectés par des virus résistants", ajoutent-ils.
Un an après l'opération, les chercheurs ont observé lors du suivi thérapeutique médicamenteux des taux satisfaisants de darunavir + ritonavir, d'emtricitabine et de ténofovir.
"Ce cas souligne l'utilité du suivi thérapeutique médicamenteux afin de pouvoir guider les recommandations de dosage
chez les patients subissant une chirurgie bariatrique", concluent les chercheurs.
(AIDS, vol.32, n°13, p1903-1907)
cab/fb/eh/APMnews

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