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La CFE-CGC fait des propositions pour "soigner" la sous-traitance pharmaceutique en France

PARIS, 8 octobre 2018 (APMnews) - Le syndicat CFE-CGC a fait lundi trois propositions au gouvernement visant à "maintenir le tissu industriel et préserver les emplois des sous-traitants" en France, notamment en fixant un prix plancher pour les médicaments.
La branche chimie de la CFE-CGC a transmis, par courrier (doublé par courriel) lundi à la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie et des finances, Delphine Gény-Stephann, ses propositions pour la filière de la sous-traitance pharmaceutique, appuyées par un rapport du cabinet Secafi datant de 2017.
Les trois propositions formulées par le syndicat sont:
  • déterminer un seuil minimal de prix des médicaments "qui tiendrait compte des contraintes industrielles dans la fixation et la révision des prix"
  • "revenir" à l’article 18 de l’accord-cadre pour 2016-2018 conclu entre le Comité économique des produits de santé (CEPS) et le Leem (Les entreprises du médicament) pour, lors de la fixation et la révision des prix, "renforcer le poids des investissements en production dans le cadre des négociations" (trois dossiers avaient bénéficié de ce dispositif à fin 2017 (cf dépêche du 19/10/2017 à 09:19)
  • mettre en place un logo "Made in Europe" afin "d'identifier et de valoriser la production européenne", avec un système gradué de labels (allant de A -production entièrement en l'Union européenne, UE- à D -seule libération du produit en UE).
Selon les données présentées, le chiffre d'affaires du secteur a été multiplié par 6 entre 1998 et 2016, pour atteindre 2,1 milliards d'euros. Il compte 12.500 des 100.000 salariés de l'industrie pharmaceutique, en hausse de 64% entre 2009 et 2017, le tout sur l'ensemble du territoire et notamment dans certains bassins historiques de la pharmacie (Centre, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est).
A ce jour, les trois plus importants acteurs sont Delpharm (8 sites, 2.300 salariés), Fareva (7 pour 2.075) et Famar (4 pour 1.059), le quatrième, SynerLAB (5 pour 726), étant sous la barre du millier de salariés. Au total, ils occupent 70 des 215 sites de production en France.
Cette "montée en puissance" s'explique par l'évolution du modèle économique des grands laboratoires, qui "met l’accent sur la performance financière au profit des actionnaires", ce qui les conduit à privilégier l'externalisation.
Les façonniers reprennent les sites de ces grands groupes au bord de la fermeture et "maintiennent la production de médicaments en France, sauvent des sites de production en France et sauvent des emplois en France".
Fareva a par exemple repris trois sites (GlaxoSmithKline à Hérouville-Saint-Clair en 2008; Omega à Marseille en 2009; Pfizer à Amboise en 2013) et Delpharm cinq (Boehringer Ingelheim à Reims en 2008; Novartis à Huningue en 2011; Bayer à Gaillard en 2012; Pfizer à Lyon en 2013; Sanofi à Quetigny en 2014). Depuis 10 ans, on dénombre 19 acquisitions majeures de sites de production en France.

Croissance de 3% jusqu'en 2019

Si les contrats initiaux conclus avec le cédant sont généralement favorables, Secafi observe que les donneurs d’ordre historiques les ont remis en cause, tandis que les demandes de baisses de prix deviennent systématiques. Ainsi, "sur les cinq sites de notre étude, trois ont vu leur activité diminuer en valeur, sous l’effet des remises en cause des contrats et des pressions à la baisse sur les prix", est-il souligné.
Le rapport de Secafi relève que la plupart des médicaments produits en France sont des médicaments anciens génériqués, ce qui suscite une "marge d'exploitation trop faible". Alors, le prix de vente des médicaments "n’est pas suffisant pour dégager une marge conséquente".
Cette pression fait craindre une "remise en cause d’une partie des avantages sociaux et des accords sur le temps de travail" ainsi que des politiques de réduction des effectifs.
Sur cette base, les perspectives de Secafi sont une croissance des ventes de 3% entre 2017 et 2019. "Les produits lyophilisés, les liquides stériles, les produits hautement actifs, les seringues pré-remplies et les capsules molles seront les segments les plus dynamiques", est-il anticipé.
Les acquisitions "marquent le pas" depuis 2014, souligne aussi le cabinet. Sur 2008-2012, 2,6 sites ont été cédés chaque année en moyenne à des façonniers, contre 1,75 sur 2013-2016. Secafi prévoit une poursuite de la concentration du secteur, mais de façon plus marginale.
yb/nc/APMnews

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