dépêche

 - 

Greffe d'utérus: le nombre d'organes disponibles de donneuses décédées serait très faible (estimation américaine)

DENVER (Colorado), 8 octobre 2018 (APMnews) - Le nombre d'organes provenant de donneuses décédées potentiellement disponibles pour la greffe d'utérus serait très faible, selon une estimation réalisée à partir du plus grand centre de prélèvement d'organes américain, qui doit être présentée lundi au congrès de l'American Society for Reproductive Medicine (ASRM) à Denver.
Depuis la première naissance après greffe d'utérus (à partir de donneuses vivantes) en Suède en 2014, la demande explose, même si cette technique reste du domaine de la recherche. Le vivier de donneuses vivantes risque de ne plus être suffisant lorsque ce traitement expérimental passera en routine.
A ce jour seules des naissances après greffe à partir de donneuses vivantes ont été obtenues, dont une première aux Etats-Unis, au Baylor University Medical Center à Dallas, annoncée en décembre 2017 (cf dépêche du 04/12/2017 à 13:28), note-t-on. L'essai américain prévoit de réaliser 10 greffes, à partir de donneuses vivantes ou décédées, rappelle-t-on.
K. O'Neill de l'université de Pennsylvanie à Philadelphie et ses collègues ont examiné les caractéristiques du pool de donneurs d'organes décédés pris en charge par un grand centre de prélèvement d'organes américain, le Gift for Life Donation Program à Philadelphie, pour 2017.
Ils ont évalué leur capacité à donner un utérus fonctionnel sur la base de différents critères liés au type de décès, l'âge, le sexe, le risque de transmission de maladies, l'infection par le VHB ou le VHC, un antécédent de diabète, l'autorisation d'utiliser les organes pour la recherche, les problèmes gynécologiques susceptibles d'influer sur la grossesse, le tabagisme et l'utilisation de drogues par voie intraveineuse.
Sur 585 personnes qui ont fait don de leurs organes cette année-là, 79% étaient en état de mort encéphalique au moment du don, dont 186 étaient des femmes. Seules la moitié (94) d'entre eux étaient en âge de procréer (18 à 50 ans).
En appliquant les critères de sélection liés aux VHB et VHC, au diabète, à l'autorisation d'utiliser les organes dans un cadre de recherche, à l'absence de consommation de drogues par voie intraveineuse, et à la présence d'un utérus, seules 31 donneuses potentielles étaient éligibles, soit 5% du pool de donneurs initial.
En appliquant des critères encore plus stricts supplémentaires prenant en compte le nombre d'accouchements, les conditions gynécologiques, un âge inférieur à 45 ans et les antécédents de tabagisme, ne restaient plus de 6 donneuses éligibles au don d'utérus, soit 1% du pool de départ.
"Ces résultats soulignent le rôle critique de la disponibilité des organes dans l'expansion de la greffe d'utérus aux Etats-Unis", commentent les auteurs.
"Comme pour les autres formes de transplantation d'organes, il apparaît que fournir des organes en nombre suffisant pour la greffe d'utérus va poser un défi effroyable. On doit être plus nombreux à passer le pas d'accepter d'être donneur d'organes, et davantage de médecins doivent discuter de cela avec leurs patients", déclare Christos Coutifaris, président de l'ASRM, dans un communiqué de l'association relayant les résultats de cette étude.
cd/ab/APMnews

[CD3PG9WSG]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi