dépêche

 - 

VIH: les HSH plus enclins à utiliser la PrEP à la demande qu'en continu (expérience française à Paris)

WASHINGTON, 9 octobre 2018 (APMnews) - Les Parisiens ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) utilisent préférentiellement la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH à la demande plutôt qu'en continu, selon une étude publiée dans AIDS qui confirme également que la prise de PrEP est associée à davantage de rapports non protégés.
"Après des résultats cliniques positifs, la combinaison de ténofovir disoproxil fumarate et d'emtricitabine par voie orale à la demande a été autorisée en prévention contre le risque de contamination par le VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) en France, mais il existe peu de données de vie réelle", rappellent Marion Noret de l'hôpital Saint-Louis (Paris, AP-HP) et ses collègues. Le service des maladies infectieuses de Saint-Louis est le premier à avoir proposé une consultation PrEP, rappelle-t-on.
Par ailleurs, les premiers résultats de l'utilisation de la PrEP à la demande se sont révélés prometteurs en vie réelle, selon d'autres travaux présentés au congrès international AIDS 2018, qui s'est tenu en juillet à Amsterdam (cf dépêche du 24/07/2018 à 10:49).
Dans le cadre d'une étude de cohorte prospective en ouvert, les chercheurs ont proposé à 1.069 sujets parisiens à haut risque d'infection par le VIH de prendre la PrEP soit de manière quotidienne et continue, soit à la demande. Au total 98,1% des participants ont débuté la PrEP. Plus de 99% d'entre eux étaient des HSH qui avaient en médiane 10 partenaires sexuels, et 75,6% de ces derniers ont choisi la PrEP à la demande.
Sur un suivi de plus de 486 personnes-années, 4 infections par le VIH ont été diagnostiquées, chez des patients peu ou non adhérents à leur traitement, ce qui correspond à une incidence de 0,82/100 personnes-années, observent les chercheurs.
Le taux de rapports sexuels sans préservatif lors du dernier rapport sexuel est passé de 53,3% au départ, à 79% au bout de 12 mois.
Cela a été associé à une augmentation du taux d'infections bactériennes sexuellement transmissibles, qui a toutefois été modérée (passant de 14,6% à 19,2%).
Les chercheurs soulignent par ailleurs que cette étude leur a permis de constater que d'autres patients à haut risque d'une infection par le VIH en France, comme les migrants issus d'Afrique subsaharienne, n'ont toujours pas accès à la PrEP et aux informations qui lui sont relatives. Elles devraient selon eux être délivrées de manière "urgente" à ces populations.
"Les Français ayant reçu une meilleure éducation, ne vivant pas avec un partenaire séropositif, ayant moins de partenaires sexuels et de rapports non protégés étaient significativement plus enclins à opter pour la PrEP à la demande", commentent-ils.
"Nos données confirment l'efficacité de la PrEP à la demande dans un contexte de vie réelle et devraient encourager à une plus large utilisation de celle-ci par les HSH, comme alternative à la PrEP en continu, ce qui pourrait permettre à plus de patients d'être disposés à prendre la PrEP".
Constatant une incidence significative des infections à hépatites A et C, les chercheurs estiment que leurs résultats appuient le dépistage fréquent des infections sexuellement transmissibles chez les PrEPeurs et la vaccination contre les hépatites A et B chez les personnes susceptibles d'être infectées.
"Maintenant que l'efficacité de la PrEP n'est plus à démontrer, que sa rentabilité est croissante avec la disponibilité de génériques du ténofovir disoproxil fumarate et d'emtricitabine, les infections sexuellement transmissibles représentent le prochain défi à relever", concluent-ils.
(AIDS, vol.32, n°15, p2161-2169)
cab/fb/ab/APMnews

[CAB4PGA6J2]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi