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Phases III positives pour le dupilumab dans la polypose nasosinusienne

PARIS, TARRYTOWN (New York), 16 octobre 2018 (APMnews) - L'anticorps monoclonal dupilumab (Dupixent*) a atteint l'ensemble des critères principaux et secondaires d'évaluation dans deux essais cliniques de phase III chez des adultes atteints de polypose nasosinusienne, ont annoncé Sanofi et Regeneron mardi, dans un communiqué commun.
Sur les co-critères principaux d'évaluation pour les études SINUS-24 et SINUS-52, les patients recevant le dupilumab en association au traitement de référence par corticoïde en spray nasal ont obtenu une réduction de 51% et 57% de la sévérité de la congestion ou obstruction nasale après 24 semaines de traitement, contre 15% et 19% avec l'ajout d'un placebo.
Sur une échelle de 0 à 3, ces réductions correspondent respectivement à -1,25 et -1,34 point avec le dupilumab, contre -0,38 et -0,45 pour le placebo.
Le score endoscopique des polypes nasaux a diminué de 27% et 33% chez les patients traités par dupilumab (diminution des scores de -1,71 et -1,89 point sur une échelle de 0 à 8), contre une baisse respective de 4% et 7% pour ceux traités par placebo (correspondant à +0,10 et +0,17 point).
L'ensemble des critères secondaires ont également été atteints dans les deux études, comme le recours à une corticothérapie systémique ou à la chirurgie, l'amélioration de l'odorat et les symptômes de rhinosinusite chronique.
En outre, dans un groupe pré-spécifié de patients souffrant également d'asthme, le dupilumab a amélioré de manière significative la fonction respiratoire et le contrôle des symptômes pour tous les critères primaires et secondaires, dans les deux études, poursuivent les partenaires mais sans préciser les résultats chiffrés.
L'incidence des évènements indésirables était globalement similaire dans les groupes dupilumab et placebo dans les deux études et aucun effet secondaire nouveau ou inattendu lié à l'anticorps monoclonal n'a émergé.
L'incidence des événements indésirables graves était moins élevée parmi les patients recevant le dupilumab par rapport au placebo dans les deux études, de respectivement 4,2% vs 14,4% dans SINUS-24 et 5,4% à 6,8% vs 10% dans SINUS-52.
Le taux de conjonctivite était de 1,4% parmi les patients sous dupilumab vs 0,8% avec le placebo dans SINUS-24 et de respectivement 2-2,7% vs 1,3% dans SINUS-52.
Dans SINUS-24, 276 patients atteints d'une polypose nasale bilatérale modérée à sévère, persistante malgré une corticothérapie systémique ou une chirurgie, avec un score endoscopique d'au moins 5 points, ont été randomisés en double aveugle entre le dupilumab en injections sous-cutanées toutes les deux semaines et un placebo pendant 24 semaines.
Dans SINUS-52, d'une durée totale d'un an, ce sont 448 patients au profil similaire qui ont été randomisés en double aveugle entre le dupilumab en injections toutes les deux semaines, le dupilumab en injections toutes les deux semaines sur 24 semaines puis toutes les quatre semaines jusqu'à la semaine 52 et un placebo.
Tous les patients recevaient par ailleurs un traitement par furoate de mométasone en pulvérisation nasale, comparativement au furoate de mométasone en pulvérisation nasale seulement.
Dans ces deux cohortes, plus des trois quarts des patients souffraient également d'autres maladies inflammatoires de type 2 ou allergiques, comme l'asthme (environ 59%), la rhinite allergique (environ 58%) et une maladie respiratoire exacerbée par les AINS (environ 28%). Les patients souffrant à la fois d'asthme et de polypose nasosinusienne inadéquatement contrôlée tendent à présenter une forme plus sévère de la maladie, rappellent la société américaine et son partenaire français.
Le traitement de la polypose nasosinusienne "n'a pas évolué depuis plusieurs dizaines d'années" et ces données montrent qu'"un agent biologique peut agir sur l'inflammation de type 2 ou allergique sous-jacente à l'origine de la polypose nasosinusienne", commente John Reed, vice-président exécutif R&D de Sanofi.
Le dupilumab a démontré son efficacité "dans le traitement de trois maladies inflammatoires de type 2 ou allergiques, ce qui indique que les interleukines 4 et 13 (IL-4 et IL-13) sont bien des médiateurs de l'inflammation de type 2 ou de l'inflammation allergique en général", ajoute le président directeur scientifique de Regeneron, George Yancopoulos.
L'ensemble des résultats seront soumis aux agences réglementaires pour des extensions d'indication.
Sanofi et Regeneron ont obtenu en 2017 des autorisations de mise sur le marché (AMM) pour le dupilumab dans le traitement de la dermatite atopique modérée à sévère chez les adultes candidats à un traitement systémique (cf dépêche du 28/09/2017 à 10:26) et déposé au printemps des demandes d'extension d'indication dans l'asthme modéré à sévère chez les adultes et adolescents insuffisamment contrôlés.
Les deux partenaires poursuivent par ailleurs leur programme de développement dans d'autres maladies inflammatoires de type 2 ou allergiques, comme l'asthme pédiatrique (phase III), la dermatite atopique de l'enfant et de l'adolescent (phases III), l'oesophagite à éosinophiles (phase III), l'allergie à l'arachide (phase II) et l'allergie aux pollens de graminées (phase II).
ld/nc/APMnews

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