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Nicolas Revel croit encore aux bilans de médication malgré un démarrage "préoccupant" du dispositif

(Par Youness BOUSENNA, au congrès national des pharmaciens)
STRASBOURG, 22 octobre 2018 (APMnews) - Le directeur général de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam), Nicolas Revel, a jugé samedi que le démarrage des bilans partagés de médication (BPM) était "préoccupant" mais qu'il faut encore laisser du temps pour juger ce dispositif qui va "dans le sens de l'histoire".
Il est intervenu lors d'une table ronde sur le thème "Interprofessionnalité: du rêve à la réalité?" au 71ème congrès national des pharmaciens, qui était organisé ce week-end à Strasbourg par la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), l'Association de pharmacie rurale (APR) et l'Union technique inter-pharmaceutique de formation continue (Utip).
Les bilans de médication ont été conçus pour prévenir la iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées et renforcer le volet "professionnel de santé" de l'exercice officinal. Ils sont destinés aux patients de plus de 65 ans avec au moins une affection de longue durée (ALD) et aux plus de 75 ans ayant un traitement contenant au moins cinq substances actives d'une durée d'au moins six mois avant ou après l'adhésion au dispositif.
Ce dernier a fait l'objet de négociations conventionnelles qui ont débouché sur la signature, en novembre 2017, d'un avenant entre l'assurance maladie et les syndicats (cf dépêche du 27/11/2017 à 13:11) et sur sa publication au Journal officiel en mars 2018 (cf dépêche du 16/03/2018 à 10:39). Les bilans de médication représentent un investissement de 65 millions d'euros sur trois ans pour l'assurance maladie, qui a fixé un objectif de 20 bilans de médication par an et par officine.
Mais les résultats sont, pour l'heure, bien en-deçà des ambitions, au point que les différents représentants de la profession ont appelé les pharmaciens à se saisir de l'outil dans un communiqué début octobre (cf dépêche du 01/10/2018 à 15:54).
"Le bilan n'est pas du tout au rendez-vous de ce que nous avions projeté", a déploré Nicolas Revel, évoquant une ambition de 400.000 BPM, bien loin des 15.000 réalisés à ce jour. "C'est préoccupant", a-t-il jugé.
"Là où je nuance ce que j'ai lu, c'est que dans mon esprit, [...] on est dans une phase de montée en puissance et il faut qu'on se donne jusqu'à l'été prochain pour voir comment le dispositif prend sa place", a-t-il déclaré, souhaitant démentir "formellement" une rumeur selon laquelle il aurait décidé d'y mettre fin.

"Il faut y aller", répète Philippe Gaertner

"Il est encore trop tôt pour poser une conclusion définitive sur le sujet", a estimé le directeur général de l'Uncam, qui veut "prendre le temps de regarder les choses". "Nous l'avons construit ensemble, cela a pris du temps", a-t-il rappelé.
"J'attends de vous que vous saisissiez de ces nouvelles missions. Je crois vraiment que ça va dans le sens de l'histoire", a déclaré Nicolas Revel.
Le président de la FSPF, Philippe Gaertner, a pour sa part réitéré l'appel formulé dans le communiqué début octobre. "Je vous invite vraiment à faire, [...] il faut y aller. Je partage complètement les objectifs, c'est ce que les patients attendent", a-t-il lancé.
"Il faut que chacun prenne sa responsabilité" car "si on veut un pharmacien plus professionnel de santé", cela "veut dire aussi qu'il faut réussir la montée en charge de l'accompagnement", a-t-il souligné, en faisant référence à l'enquête lancée par l'Autorité de la concurrence sur le circuit du médicament, que le secteur perçoit comme une menace.
Un premier bilan de cette enquête, qui concerne également la biologie médicale, a été diffusée jeudi par l'autorité administrative, rappelle-t-on (cf dépêche du 18/10/2018 à 13:11).
yb/gb/APMnews

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