dépêche

 - 

Les antibiotiques et les anti-acides utilisés pendant la petite enfance sont associés à l'obésité

LONDRES, 13 novembre 2018 (APMnews) - L'utilisation d'antibiotiques et d'anti-acides lors de la petite enfance semble associée au développement de l'obésité, selon une étude publiée dans Gut qui montre également que l'association est d'autant plus forte que le traitement est long et combine plusieurs classes de médicaments qui modifient le microbiote.
"Plusieurs médicaments pédiatriques couramment prescrits, y compris des anti-acides et des antibiotiques, sont connus pour provoquer des altérations du microbiote intestinal d'origine et augmenter le risque d'obésité. Mais les preuves concernant le rôle de ces médicaments sur le développement de l'obésité chez les enfants sont contradictoires", rappellent Christopher Stark du Beaumont Army Medical Center d'El Paso au Texas et ses collègues.
Ils ont étudié à partir de données issues de 333.535 dossiers médicaux électroniques pédiatriques l'association entre les antibiotiques, les antihistaminiques de type 2 (anti-H2), les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) pendant la petite enfance et le diagnostic d'obésité.
Au cours des deux premières années de vie des enfants inclus dans cette étude de cohorte rétrospective, 72% des nourrissons s'étaient vu prescrire un antibiotique, 12% un anti-H2 et 3% un IPP.
Les chercheurs ont observé que la prescription d'un antibiotique était associée à une augmentation du risque de devenir obèse de 26%. Cette association persistait quelle que soit la classe d'antibiotiques et était encore plus forte à chaque classe d'antibiotiques supplémentaire prescrite.
Les ordonnances d'anti-H2 et d'IPP étaient également associées à l'obésité, l'association étant d'autant plus forte que le nombre de renouvellements mensuels augmentait. Le risque relatif augmentait proportionnellement avec le nombre de classes de médicaments supplémentaires prescrites.
"Les anti-H2 ont été associés à un risque accru d'obésité chez les garçons mais pas chez les filles", notent les chercheurs, sans pouvoir expliquer cette différence selon le sexe.
"Notre analyse de survie suggère un effet additif des antibiotiques, des IPPs et des anti-H2 sur le risque d'obésité".
"Des études récentes ont montré que les antibiotiques peuvent altérer le microbiote intestinal après une période d’exposition relativement courte, alors que les médicaments anti-acides semblent requérir un traitement plus long pour provoquer des modifications cliniques significatives", nuancent-ils.
"Il est nécessaire d'évaluer des facteurs tels que l'exposition aux probiotiques, susceptibles d'atténuer les effets négatifs de l'exposition aux médicaments modifiant le microbiote", concluent-ils.
(Gut, édition en ligne du 30 octobre)
cab/fb/ab/APMnews

[CAB6PI30G4]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi