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L'exposition clinique aux rayonnements ionisants en début de grossesse semble sans risque

LONDRES, 19 novembre 2018 (APMnews) - L'exposition aux rayonnements ionisants dans le cadre d'une utilisation clinique au cours du 1er trimestre de la grossesse n'est pas associée à un plus grand risque de malformations foetales, de fausse couche, de mort foetale in utero ou de retard de croissance intra-utérin, selon une étude française publiée dans l'European Journal of Obstetrics & Gynecology.
Il est accepté, sur la base essentiellement d'études chez l'animal, que l'exposition aux rayonnements en début de grossesse confère un risque de fausse couche et d'effets tératogènes, ainsi que de retard de croissance intra-utérin et de retard mental en cas d'exposition après 10 semaines. Mais la plupart de ces données sont basées sur des expositions prénatales bien plus élevées que celles correspondant aux examens diagnostiques courants, soulignent Lucie Guilbaud de l'hôpital Trousseau à Paris (AP-HP) et ses collègues.
Néanmoins, l'anxiété induite par ces données peut entraîner des interruptions de grossesse non justifiées, notent-ils.
Ils ont cherché à évaluer les effets d'une exposition dans un cadre de diagnostic clinique, via une étude de cohorte observationnelle prospective sur les données de 319 femmes enceintes, exposées au cours du 1er trimestre à des rayonnements ionisants sous-diaphragmatiques à visée diagnostique. La dose médiane d'exposition foetale était de 3,1 mGy. Elles ont été comparées à un groupe contrôle de 319 femmes enceintes non exposées.
Il n'y a pas eu d'association significative entre l'exposition aux rayonnements ionisants au 1er trimestre et le risque de malformation (1,5% contre 1,8%), le risque de fausse couche (7,8% contre 7,2%), le risque de mort foetale in utero (0,3% contre 0%) et le risque de retard de croissance intra-utérin (5,4% contre 3,5%).
"En conséquence, un conseil approprié aux femmes exposées par inadvertance aux rayonnements aux stades précoces de la grossesse devrait être rassurant. En outre, ce type d'exposition ne devrait pas être une indication d'interruption précoce de la grossesse, même si l'examen radiologique était centré sur le pelvis", recommandent les auteurs.
Ils ajoutent qu'une procédure diagnostique pertinente nécessaire à la santé d'une femme ne devrait pas être contre-indiquée en cas de grossesse. Inversement, les procédures diagnostiques non irradiantes, comme l'échographie ou l'IRM, devraient tout de même être préférées dans une telle situation.
(European Journal of Obstetrics & Gynecology, publication en ligne du 5 novembre)
cd/nc/APMnews

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