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Risque d'aggravation de la rétinopathie diabétique quand l'anti-VEGF n'est donné qu'en fonction de l'oedème maculaire

WASHINGTON, 19 novembre 2018 (APMnews) - Chez les patients diabétiques qui présentent à la fois une rétinopathie et un oedème maculaire, ne donner le traitement anti-VEGF qu'en fonction de l'évolution de l'oedème maculaire peut s'avérer insuffisant pour la rétinopathie et conduire à la progression de celle-ci, selon une étude américaine publiée dans Ophthalmology.
Il s'agit d'une étude d'extension des essais RIDE et RISE avec le ranibizumab (Lucentis*, Novartis).
Dans ces études, l'anti-VEGF a été évalué en traitement de l'oedème maculaire diabétique. Mais il s'est avéré que le médicament avait aussi un bénéfice sur la rétinopathie quand les patients présentaient également une rétinopathie. Cela a été confirmé avec d'autres anti-VEGF. Puis il a été montré que même en l'absence d'oedème maculaire, cette classe de médicaments améliorait l'état de la rétinopathie diabétique.
Dans l'étude d'extension de RIDE et RISE, après 36 mois de traitement mensuel, 500 patients sont passés à un traitement individualisé, le médicament étant donné en fonction de l'évolution de l'oedème maculaire. Et en conséquence, un quart des patients n'ont pas nécessité d'autre injection. Jennifer Sun du Joslin Diabetes Center à Boston et ses collègues ont voulu voir, dans ce contexte, ce qu'il advenait de la rétinopathie.
Chez les patients qui, dans l'année, ont été retraités par ranibizumab, 84% à 94% des patients (selon le groupe dans lequel ils avaient été randomisés initialement) présentaient une stabilité de la rétinopathie, 2% une amélioration et 3 à 14% ont eu une aggravation significative de la rétinopathie.
En revanche, chez les patients qui n'ont pas nécessité de retraitement (sur la base de l'amélioration de l'oedème maculaire), 57 à 78% ont présenté une stabilisation et 0 à 7% une amélioration de la rétinopathie, mais la proportion de patients qui ont présenté une aggravation significative de la rétinopathie était nettement plus élevée: entre 22 et 36%.
Les auteurs soulignent le fait qu'une aggravation de la rétinopathie diabétique augmente à terme le risque de complication et d'altération de la vision.
Ils plaident en conclusion pour que chez les patients qui présentent à la fois un oedème maculaire et une rétinopathie diabétiques, le traitement par anti-VEGF soit donné non seulement en fonction de l'oedème maculaire mais aussi de la rétinopathie.
Et ces résultats "suggèrent même la possibilité d'un changement de paradigme dans le traitement de la rétinopathie diabétique, avec une focalisation sur le traitement précoce pour améliorer la sévérité de la rétinopathie et prévenir les complications mettant en jeu la vision plutôt qu'une approche d''attente et surveillance' suivie de traitement seulement pour les complications", estiment-ils.
(Ophthalmology, publication en ligne du 9 novembre)
fb/ab/APMnews

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