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Csis: Noël Renaudin aurait aimé plus de "passages à l'acte"

PARIS, 26 novembre 2018 (APMnews) - Noël Renaudin, qui a été co-coordinateur du Conseil stratégique des industries de santé (Csis) (avec Vincent Lidsky), a estimé vendredi lors d'un colloque sur l'accès à l'innovation en cancérologie que par rapport à ce qu'il avait proposé dans le travail préparatoire, il n'y a pas eu suffisamment de "passages à l'acte" dans les annonces faites in fine par le gouvernement.
Le Csis, qui s'est tenu le 10 juillet après plusieurs mois de travaux préparatoires, a débouché sur 15 grandes mesures destinées à renforcer l'attractivité de l'Hexagone pour les industries de santé, rappelle-t-on (cf dépêche du 10/07/2018 à 11:30).
Intervenant durant cette journée organisée par le département de l'innovation thérapeutique et des essais précoces (Ditep) de Gustave-Roussy, Noël Renaudin est revenu sur la façon dont a été préparé le Csis, estimant avoir préparé un "programme pour un Csis idéal" d'une soixantaine de mesures, qui ont ensuite été discutées dans des groupes de travail, puis il y a eu "des arbitrages".
Ni le rapport préparatoire ni le rapport d'arbitrage n'ont été rendus publics; seules les décisions finales du gouvernement ont été annoncées.
Face au résultat, Noël Renaudin a avoué "une déception". "Au lieu de faire du Csis une opération de passage à l'acte, y compris sur des sujets qui, bien que complexes, paraissaient mûrs, le gouvernement a préféré lancer des chantiers. C'est un peu dommage".
Il s'est notamment dit "déçu" concernant le projet de mise en oeuvre de la valeur thérapeutique relative (VTR) qu'il espérait voir adopté, alors que la réforme de l'évaluation des médicaments va continuer d'être discutée dans le cadre d'un groupe de travail (cf dépêche du 10/07/2018 à 12:50).
Certes, lancer des chantiers est "plus facile que prendre des décisions", mais c'est "plus risqué", a-t-il commenté.
"Ces chantiers sont pilotés par les mêmes personnes, les mêmes administrations qui considèrent le Csis comme une verrue", quelque chose qui est "contraire à leurs orientations fondamentales". Il y a donc un risque de non-aboutissement de certains sujets, a-t-il estimé.
Noël Renaudin s'est toutefois voulu optimiste en rappelant l'existence d'un comité de suivi: "C'est une chance que les chantiers aboutissent".
Il y a toutefois un point sur lequel il s'est montré très pessimiste: l'accélération des procédures. Sur ce sujet où il y a "une attente forte", il pense qu'"il ne se passera rien".
"On voulait mettre en place un processus d'accélération des procédures de mise sur le marché des médicaments", plutôt que de rester sur de simples "injonctions" à s'améliorer. "J'ai constaté avec regrets que le premier ministre était revenu aux injonctions". Il ne faut donc "pas se faire trop d'illusions".
Quant à l'article 42 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 qui vise à permettre d'obtenir des autorisations temporaires d'utilisation (ATU) pour de nouvelles indications de médicaments déjà sur le marché -ce qui n'est pas possible actuellement-, Noël Renaudin a "essayé de comprendre le texte proposé", qui comme plusieurs intervenants l'ont déploré, est très complexe.
Mais le "contexte de contrainte financière subsiste". Donc "si les extensions d'indications des médicaments arrivent plus facilement, c'est autre chose qui n'arrivera pas", a-t-il prédit.
Pour lui répondre, une personne membre du comité de suivi du Csis présente dans l'assistance a précisé que ce comité ferait un suivi régulier "une fois tous les deux mois" et qu'un bilan serait remis au président de la République dans un an. Concernant le "chantier" de la VTR, "il a été annoncé que les travaux allaient reprendre, avec des résultats attendus pour avril, pour une inclusion dans le PLFSS 2020".
fb/ab/APMnews

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