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L'anti-SEP Ocrevus* n'apporte "rien de nouveau" pour Prescrire

PARIS, 3 décembre 2018 (APMnews) - La revue Prescrire a jugé, dans son numéro de décembre, que le traitement de la sclérose en plaques (SEP) Ocrevus* (ocrélizumab, Roche) n'apporte "rien de nouveau".
Ocrevus* a été homologué en janvier dans le traitement des patients adultes atteints de sclérose en plaques primaire progressive (SEP-PP) à un stade précoce en termes de durée de la maladie et de niveau du handicap, associé à des données d’imagerie caractéristiques d’une activité inflammatoire, rappelle-t-on.
Si Ocrevus* a été "un peu plus efficace" que l'interféron bêta pour diminuer le nombre de poussées sous la forme récurrente-rémittente, l'efficacité a été incertaine pour la forme primaire progressive alors que les effets indésirables à long terme -notamment le risque de cancers- sont "mal cernés", relève Prescrire sur la base des trois essais randomisés.
Vosevi* (sofosbuvir + velpatasvir + voxilaprévir, Gilead), indiqué chez les patients infectés par le virus de l'hépatite C (VHC), quel que soit le génotype, non cirrhotiques ou avec une cirrhose compensée, qui ont échoué avec un précédent traitement comprenant un antiviral d'action directe (AAD), a obtenu la mention "apporte quelque chose".
Prescrire considère qu'il constitue "un progrès", notamment après échec d'un inhibiteur de la polymérase NS5B comme le sofosbuvir et d'un inhibiteur de la protéine NS5A. La trithérapie permet également de raccourcir le traitement pour certains patients. Mais le risque de troubles digestifs et le risque d'interactions médicamenteuses est augmenté.
Le dernier numéro 2018 de Prescrire contient par ailleurs un nombre de mentions positives plus élevé qu'à l'accoutumée. Ainsi, la mention "éventuellement utile" est attribuée:
  • à la nouvelle indication de Stivarga* (régorafénib, Bayer) en monothérapie dans le traitement des patients adultes atteints d'un carcinome hépatocellulaire (CHC), avec un bon état général (ECOG 0-1), une fonction hépatique préservée (Child-Pugh A) et ayant bien toléré leur traitement antérieur par sorafénib (Nexavar*, Bayer)
  • à la nouvelle indication de Tasigna* (nilotinib, Novartis) chez les patients pédiatriques atteints d’une leucémie myéloïde chronique (LMC) à chromosome Philadelphie positive (Ph+) en phase chronique en cas de résistance ou d’intolérance à l’imatinib
  • à la nouvelle indication de Zytiga* (abiratérone, Janssen, groupe Johnson & Johnson) dans le cancer de la prostate métastatique hormono-sensible à haut risque nouvellement diagnostiqué, en association avec la prednisone ou la prednisolone chez les hommes adultes, en association avec un traitement par suppression androgénique (ADT)
  • au nouvel antiviral Prevymis* (létermovir, Merck & Co), homologué en janvier dans la prophylaxie de la réactivation du cytomégalovirus (CMV) et de la maladie à CMV chez les adultes CMV+ receveurs d’une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques.
Pour Stivarga*, l'essai randomisé a permis un allongement de la durée médiane de survie (11 mois vs 8 mois avec un placebo), mais ce résultat a été obtenu chez des patients "très sélectionnés", en bon état général et avec une fonction hépatique peu altérée. Au total, c'est donc seulement un "gain de survie modeste" chez des patients favorables.
Le produit fait l'objet de la chronique "Le mot de Gaspard", qui critique le fait d'exclure certains patients des essais car cela crée du "flou" et "complique" le choix des soignants et des patients.
Tasigna* a un effet "favorable" sur certains critères biologiques de la maladie, même si son risque d'hépatotoxicité chez les enfants "justifie une surveillance rapprochée".
Quant à Zytiga*, il constitue une alternative au docétaxel car, "selon une comparaison indirecte de faible niveau de preuves, son efficacité semble proche".
Prevymis* permet de diminuer le recours à d'autres antirétrovraux actifs contre le CMV, bien que son efficacité quant à sa prophylaxie soit meilleure qu'un autre anti-CMV. Son profil d'effets indésirables, qui diffère des autres anti-CMV, en fait une "option utile".

Trimbow* n'apporte rien de nouveau

La revue a jugé sans nouveauté la première triple association fixe inhalée Trimbow* (béclométasone + formotérol + glycopyrronium, Chiesi) homologuée dans le traitement continu de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) modérée à sévère chez les adultes non traités de façon satisfaisante par l’association d’un corticostéroïde inhalé et d’un bêta-2 agoniste de longue durée d’action. L'ajout du glycopyrronium a un bénéfice "très modeste" et il n'y a "pas de preuve" d'un progrès par rapport à l'ajout de tiotropium.
La buprénorphine sous forme de lyophilisat oral Orobupré* (Ethypharm) n'apporte rien de nouveau dans ses deux nouvelles formes à 2 mg et 8 mg, tout comme la nouvelle présentation sous forme d'implant du traitement du cancer de la prostate Leptoprol* 5 mg (leuproréline, Bouchara-Recordati) car il existe une présentation similaire pour Zoladex* (goséréline, AstraZeneca).
Dans son éditorial, la revue défend la "complémentarité" entre les différents professionnels de santé et notamment médecins et pharmaciens. Prescrire souligne que son contenu entend aussi accompagner ces derniers afin de les renforcer dans leur mission de conseil, et pas seulement de distributeur de médicaments.
La revue consacre des articles ou dossiers aux 39e journées françaises de pharmacovigilance, à la prévention des récidives de diverticulite, à l'otite moyenne chez l'enfant, aux bronchites aiguës des adultes, à la sclérose en plaques, au suivi médical des travailleurs ou encore aux ruptures de stocks.
La revue a aussi passé "au crible" le guide de la Haute autorité de santé (HAS) sur l'endométriose et l'a jugé "inutile".
yb/eh/APMnews

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