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Manifestations des Gilets jaunes: 325 blessés pris en charge au cours du week-end

PARIS, 10 décembre 2018 (APMnews) - Les manifestations de samedi liées au mouvement des Gilets jaunes ont fait 325 blessés, qui ont été pris en charge dans les hôpitaux sur tout le territoire, a indiqué la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, dimanche sur LCI.
Quelque 136.000 personnes ont participé à ces manifestations, dont environ 10.000 à Paris. Le gouvernement avait prévu un important dispositif sécuritaire, après les violences qui ont caractérisé les trois précédents samedis de mobilisation.
Des débordements ont une nouvelle fois été constatés ce week-end, notamment dans la capitale, à Bordeaux, Lyon et Saint-Etienne. Aucun décès n'a été rapporté.
Sur Twitter, le ministère de l'intérieur faisait état samedi vers 23 heures de 264 personnes blessées, dont 39 parmi les forces de l'ordre.
Agnès Buzyn a évoqué dimanche le chiffre de 325 blessés, dont 170 accueillis dans les établissements de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). Trente-et-une personnes étaient encore hospitalisées en fin de week-end, a précisé l'entourage de la ministre à APMnews.
Agnès Buzyn s'est déplacée dans l'après-midi de dimanche aux urgences de l'hôpital Bichat (AP-HP, XVIIIᵉ arrondissement de Paris). Cet établissement a pris en charge 31 blessés.
Elle a indiqué sur LCI que les effectifs d'infirmiers et de médecins avaient été renforcés dans les services d'urgences en vue des manifestations. Les Samu avaient aussi mobilisé davantage de personnel.
Une attention particulière a été portée à l'orientation des patients "pour qu'il n'y ait pas de surplus" de blessés dans certains établissements. Tout s'est passé dans le calme, a assuré Agnès Buzyn.
Contactée dimanche par APMnews, l'AP-HP n'était pas en mesure de donner des précisions sur le niveau de gravité des blessures des personnes prises en charge dans ses hôpitaux.
Sur la base d'un bilan réalisé samedi à 19 heures, l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a fait savoir sur Twitter que 126 blessés ont été accueillis dans les établissements franciliens, "dont près de 40% ont quitté les services d'urgence dans la journée".
Le directeur général de l'ARS, Aurélien Rousseau, a remercié samedi les équipes mobilisées "depuis plusieurs jours".
"Merci à toutes les équipes de secours et aux hôpitaux d’Ile-de-France, mobilisés depuis plusieurs jours pour se coordonner et préparer cette journée où les services publics de santé et de secours se devaient d’être exemplaires", a-t-il tweeté.
Contacté par APMnews lundi, le CHU de Bordeaux a indiqué que le Smur a recensé 29 blessés. Dans le détail, 2 patients étaient pris en charge en urgence absolue et 5 patients en urgence relative au sein du groupe hospitalier (GH) Pellegrin. Au GH de Saint-André, deux patients étaient en urgence relative.
"Le CHU a anticipé la journée du samedi en organisant les moyens nécessaires dès le vendredi", a souligné l'établissement. L’objectif était "de passer en revue les actions à anticiper dans la perspective d’incidents liés au mouvement des Gilets jaunes", c'est-à-dire de "renforcer les capacités d’accueil des services d’accueil des urgences et des autres services adaptés à la prise en charge d’un afflux de patients traumatisés", ou encore de "renforcer la sécurisation des infrastructures et des accès".
Les Hospices civils de Lyon (HCL) et le CHU de Saint-Etienne, contactés également par APMnews, ont indiqué n'avoir pas enregistré d'afflux particuliers dans leurs services d'urgence samedi, en lien avec les manifestations. "Le week-end a été à peu près conforme à un week-end classique", a observé le CHU de Saint-Etienne.

"Regret" de ne pas en avoir fait "suffisamment" et pas "suffisamment vite"

Au cours du week-end du 1er décembre, les manifestations avaient fait 263 blessés (parmi lesquels 81 membres des forces de l'ordre), dont 5 graves, selon le ministère de l'intérieur.
Le président de la République, Emmanuel Macron, doit s'exprimer lundi soir pour annoncer des mesures censées apaiser la situation et répondre aux revendications des Gilets jaunes, qui portent essentiellement sur l'amélioration du pouvoir d'achat.
Agnès Buzyn a confié dimanche son "regret" de ne pas en avoir fait "suffisamment" et pas "suffisamment vite" depuis son arrivée aux affaires il y a un an et demi, tout en soulignant que "traiter une France un peu malade" ne se fait pas "en un jour".
Elle n'a pas voulu dévoiler les mesures qu'elle a proposées au chef de l'Etat, mais s'est dite contre l'abaissement de l'âge légal de départ à la retraite et contre d'éventuelles économies sur les prestations sociales.
Alors que le modèle social français de redistribution a agi comme un "amortisseur de pauvreté" pendant la crise de 2007, toucher à ce système aujourd'hui serait une erreur, selon Agnès Buzyn, et il faut plutôt travailler pour couvrir un nouveau risque, à savoir celui de la vieillesse et de la perte d'autonomie.
La ministre a rappelé que l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) avait été revalorisée en 2018 et devait connaître de nouvelles hausses en 2019 et 2020 pour atteindre 903 euros par mois pour une personne seule.
Cela représente une augmentation totale de 100 euros, mais ce n'est "peut-être pas encore assez", a observé Agnès Buzyn. "Peut-être faut-il que les tranches de 2019 et 2020 s'accélèrent encore", a-t-elle ajouté, tout en prévenant que toute mesure supplémentaire aurait un coût.
"Il faut savoir à quels investissements nous renonçons" et voir "qui paie". "Il faut être prudent pour que tout cela n'aboutisse pas à augmenter les taxes et les impôts des Français", a-t-elle estimé.
gb-jyp-san/nc/APMnews

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