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Impact négatif de l'infection VIH sur l'histoire naturelle du carcinome hépatocellulaire

WASHINGTON, 4 janvier 2019 (APMnews) - La survie globale des personnes atteintes d'un carcinome hépatocellulaire et infectées par le VIH est plus courte que celle des personnes séronégatives, selon une étude internationale publiée en décembre dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).
Chez les personnes infectées par le VIH, en raison de l'importante prévalence des co-infections par les virus des hépatites B et C, le carcinome hépatocellulaire est devenu une cause de morbi-mortalité croissante.
Les mécanismes par lesquels le VIH influence la pathogénèse et le pronostic du carcinome hépatocellulaire fait l'objet "d'intenses débats", expliquent David Pinato, de l'Imperial College à Londres et ses collègues. Des hypothèses mécanistiques selon lesquelles les dysfonctionnements de la réponse immunitaire accéléreraient la progression de la maladie hépatique chronique vers la fibrose et la malignité ont été formulées. Mais la dysbiose intestinale, le stress oxydant et la plus forte prévalence de la consommation excessive d'alcool ont également été mis en avant.
Le stade du cancer au diagnostic, le contrôle de l'infection VIH, la polymédication et les facteurs socio-économique peuvent par ailleurs influencer l'accès au traitement et, in fine, la survie des patients en dehors de tout effet du VIH sur l'histoire naturelle du carcinome hépatocellulaire.
Afin de mieux comprendre le lien entre l'infection VIH et ce cancer, les auteurs ont conduit une étude internationale visant à évaluer l'impact du statut VIH sur la survie globale des patients atteints d'un carcinome hépatocellulaire non traité.
Ils ont inclus prospectivement 1.588 patients avec un carcinome hépatocellulaire diagnostiqué mais non traité, infectés (n=132) ou non par le VIH aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, en Argentine, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni, en Italie et en Australie.
Au diagnostic de cancer, 64% des personnes infectées par le VIH étaient sous antirétroviraux depuis une médiane de 8,3 ans et présentaient une concentration en lymphocytes T CD4+ de 256 cellules/µl. En majorité (54%), ils avaient une charge virale indétectable.
De plus, leur maladie hépatique était liée à une infection par le virus de l'hépatite C à 78%, versus 37% chez les séronégatifs.
La survie globale médiane diminuait significativement en fonction du stade BCLC.
La survie médiane des patients VIH+ était moitié moindre par rapport à celles qui étaient séronégatives (2,2 mois versus 4,1 mois).
Après ajustement, la séropositivité augmentait le risque de décès de 24% indépendamment du stade BCLC, de la sévérité de la cirrhose (classement Child-Turcotte-Pugh), du dosage d'alpha-foetoprotéine, de l'origine géographique et du sexe.
Chez les personnes séropositives, les prédicteurs de mauvais pronostic étaient la cirrhose sévère et un dosage d'alpha-foetoprotéine élevé.
Selon les auteurs, cette étude souligne l'importance prédominante pour la survie des facteurs associés à la tumeur et à la maladie hépatique par rapport à la sévérité de l'infection VIH.
La perméabilité intestinale, la dérégulation métabolique du micro-environnement hépatique et la plus forte prévalence de la consommation excessive d'alcool et de drogues pourraient expliquer l'accélération de l'évolution du CHC chez les personnes infectées par le VIH, estiment-ils.
(JCO, publication en ligne du 18 décembre 2018)
vib/nc/APMnews

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