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Officine: la profession livre sa feuille de route pour une démarche qualité

PARIS, 14 janvier 2019 (APMnews) - Les représentants des officinaux et des étudiants en pharmacie ont remis à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, leurs propositions en vue du déploiement d'une démarche qualité en officine, ont-ils annoncé en fin de semaine dernière dans un communiqué.
Cette feuille de route, élaborée à l'initiative du Conseil national de l'ordre des pharmaciens (Cnop), doit permettre d'accompagner le développement des missions des officinaux encouragé par l'ordre des pharmaciens et le ministère (cf dépêche du 26/11/2018 à 15:56).
Elle a été rédigée par un collectif, formé en juillet 2018, composé de 12 organisations représentantes de la profession et des étudiants, dont le Cnop, deux syndicats d'officinaux (Uspo et FSPF), le Collectif national et l'Union des groupements de pharmaciens d’officine (CNGPO et UDGPO), la chambre syndicale des groupements et enseignes de pharmacies (Federgy) et les collèges des pharmaciens conseillers et maîtres de stage (CPCMS).
Après une analyse des modèles existants en France et à l'étranger et l'audition des acteurs impliqués (patients, inspecteurs, sociétés ou groupes déjà investis dans une démarche qualité), un groupe de travail opérationnel a élaboré des propositions, puis un comité de pilotage a fixé les orientations et validé les propositions.
Ce plan était attendu "avec impatience" par Agnès Buzyn, comme elle l'avait indiqué dans une vidéo diffusée lors de la 31e journée de l'ordre en novembre 2018 (cf dépêche du 26/11/2018 à 16:03).
Six "propositions-clés" y sont formulées, ainsi qu'un calendrier de déploiement sur 5 ans. "Notre objectif est ambitieux: 100% des officines engagées dans la démarche à 5 ans", indique le collectif dans sa feuille de route. Aucun notion d'obligation de participation par les officine n'est toutefois mentionnée dans le document.

Création d'un haut comité à la qualité en officine

La profession souhaite d'abord créer d'ici mars 2019 une instance nationale représentative, qui présidera le déploiement de la démarche. Ce "haut comité à la qualité en officine" sera composé de représentants de la profession et des étudiants.
Il sera notamment chargé d'établir un "référentiel qualité officinal", dont la publication est prévue pour fin 2019. Mis à disposition gratuitement à l'ensemble de la profession, il portera sur "la maîtrise du métier", avec un axe concernant la dispensation des médicaments et des produits autorisés, un autre portant sur les prestations (vaccination, bilan de médication,...) et un volet information, prise en charge et accompagnement du patient.
La troisième proposition vise à déployer la démarche au sein de la profession sur le "principe de progressivité" et en tenant compte "des réalités des pharmaciens". L'une des mesures concrètes avancées est de "favoriser l'insertion de la présente démarche qualité dans les parcours de formation initiale" des pharmaciens et préparateurs et l'intégrer dans la formation continue.
D'ici fin 2019, la profession ambitionne également de développer des outils numériques en libre accès composés des "essentiels de la démarche qualité". Ils devraient comprendre un outil de communication interne pour l'officine, les étapes clés de réussite et un socle de procédures types.

Un soutien financier demandé

La profession souhaite auto-évaluer le déploiement de la démarche qualité, grâce à un "mécanisme systématisé" en ligne. Un rapport automatisé sera adressé à chaque officine. Il mentionnera le diagnostic et la situation de l'officine, des propositions et recommandations concrètes, une comparaison avec les données consolidées des pharmacies aux niveaux régional et national, ainsi que l'évaluation des progrès. Ces informations donneront lieu à la création d'un observatoire sur la profession.
Enfin, les auteurs de la feuille de route évoquent la nécessité d'"un soutien financier" à "l'effort de la profession". Le plan "Ma santé 2022", les lois de financement de la sécurité sociale (LFSS), les fonds d'intervention des agences régionales de santé (ARS), les financements de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam), de la Haute autorité de santé (HAS) ou encore les opérateurs de compétences (Opco) sont évoqués comme "des leviers qu'il conviendrait de libérer ou de compléter par de nouveaux dispositifs pour compenser l'investissement annuel de la profession et du haut comité".
La profession appelle à l'organisation d'une rencontre multi-partite sur ce sujet dans le courant de l'année.
mjl/eh/APMnews

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