dépêche

 - 

Plus d'un tiers des étudiants d'université déclarent des sentiments de tristesse et de déprime

PARIS, 23 janvier 2019 (APMnews) - Plus d'un tiers des étudiants d'université déclarent des sentiments de tristesse et de déprime et ils sont moins nombreux qu'en population générale à recourir aux soins, suggèrent des données présentées au congrès de l'Encéphale, qui se tient à Paris de mercredi à vendredi.
La tranche d'âge 18-25 ans correspond au début des principaux troubles psychiatriques et psychologiques sévères, les trois quarts des cas débutant avant 24 ans, rappellent Yannick Morvan (université de Paris-Nanterre) et ses collègues dans le résumé de leur poster.
Mais aucune étude d'ampleur n'a été menée chez les étudiants en France pour comparer la prévalence de la dépression et des idéations suicidaires ni estimer le recours aux soins dans cette population par rapport à la population générale.
Pour en savoir plus, les chercheurs ont réalisé une étude sur ce sujet dans le cadre de l'Observatoire de la vie étudiante (OVE). Cet organisme public d'études et de recherche créé en 1989 a mené pour la première fois une vaste enquête sur la santé des étudiants en France, en 2015-2016.
Pour cette enquête, un auto-questionnaire a été soumis à 18.875 étudiants d'université parmi 2,6 millions inscrits dans l'enseignement supérieur en 2016. Ce questionnaire a été construit afin que les données soient comparables avec le Baromètre santé réalisé par Santé publique France en population générale.
Les étudiants interrogés étaient 37% à déclarer se sentir tristes, déprimés et/ou sans espoir sur une période d'au moins deux semaines consécutives au cours des 12 derniers mois (contre 20,7% de la population générale en 2005).
Ces sentiments étaient présents chaque jour ou presque, toute la journée ou pratiquement, pour 21,8% des étudiants (contre 10,7% de la population générale en 2005).
En outre, 14,8% des étudiants présentaient les signes d'un épisode dépressif majeur (7,8% en 2005), 8,4% ont déclaré avoir pensé à se suicider au cours des 12 derniers mois et 4,4% à avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie (respectivement 3,4% et 5% chez les 15-30 ans en population générale en 2010). Ils étaient 5,5% à déclarer avoir été jusqu'à envisager la manière de mettre fin à leurs jours au cours des 12 derniers mois.
Le recours aux soins des étudiants souffrant de dépression était moindre qu'en population générale (53% vs 68% en 2010), qu'il s'agisse de recours à un professionnel de santé ou à une structure de soins, de psychothérapie et de prescription médicamenteuse.
Malgré les limites de comparaison d'enquêtes conduites différemment et à des périodes temporelles différentes, ces résultats "soulignent l'importance pour les acteurs de la santé des jeunes et des étudiants de mieux prendre en compte la problématique des troubles psychiques et de l'accès aux soins de cette population", concluent les chercheurs.

Une étude sur l'utilisation de soins parmi les étudiants à risque suicidaire

Dans un autre poster, Nicolas Lecat (université de Bordeaux) et ses collègues ont rapporté des résultats issus de la cohorte i-Share dans une étude sur l'utilisation de soins en santé mentale parmi les étudiants qui étaient considérés à risque suicidaire.
Un questionnaire a été soumis aux 12.112 étudiants inclus dans la cohorte entre avril 2013 et mars 2017. Le risque suicidaire était défini à l'inclusion par la présence d'idées suicidaires dans les 12 derniers mois ou par un antécédent de tentative de suicide sur la vie entière, selon le résumé du poster.
Ils étaient 2.916 à présenter un risque suicidaire (24%). Parmi eux, 27% ont déclaré avoir consulté
un psychiatre ou un psychologue au cours des 12 derniers mois (vs 9% des étudiants non considérés à risque suicidaire) et 19% avoir utilisé des anxiolytiques ou des hypnotiques prescrits (vs 7% des autres étudiants) au cours des trois mois précédant l'inclusion.
Les étudiantes et les étudiants avec des antécédents psychiatriques avaient un risque accru de consultations "psy" et d'utilisation d'anxiolytiques ou d'hypnotiques.
D'autres facteurs étaient aussi associés aux consultations "psy": être insatisfait de ses conditions de vie, être orphelin, avoir un handicap ou un antécédent familial psychiatrique.
L'utilisation des médicaments anxiolytiques/hypnotiques étaient plus fréquente si les étudiants avaient consulté un généraliste, souffraient d'une maladie somatique, avaient des difficultés de sommeil ou une insatisfaction dans la relation avec leurs parents.
ld/fbk/APMnews

[LD3PLOFLK]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi