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Seule la moitié des cas sévères de botulisme en réanimation sont traités par une antitoxine botulique

PARIS, 28 janvier 2019 (APMnews) - Seule la moitié des patients adultes admis en réanimation pour un botulisme aigu reçoivent un traitement par antitoxine botulique, selon une étude descriptive menée auprès des services de réanimation français, présentée vendredi au congrès de la Société de réanimation de langue française (SRLF) à Paris.
Les cas de botulisme sont rares et leur traitement repose essentiellement sur les techniques de suppléance vitale et certains médicaments spécifiques comme les antitoxines. Aucune recommandation sur l'utilisation de ces antitoxines n'existe en France, et elles ne sont disponibles qu'avec une autorisation temporaire d'utilisation, soulignent Nathalie Courtois (Le Mans) et ses collègues dans le résumé de leur communication, présentée lors de la session "Grandes études multicentriques".
Ils ont cherché à décrire et évaluer la morbidité et la mortalité du botulisme sévère de l'adulte dans les services de réanimation en France, et à évaluer la prise en charge actuelle de ces patients. L'étude rétrospective observationnelle multicentrique a ciblé 197 réanimations adultes, dont 93 ont accepté de répondre. Ont été inclus les patients de plus de 15 ans admis en réanimation entre janvier 2000 et juin 2017 pour un botulisme aigu.
Parmi les 93 unités de réanimation ayant répondu, 59 n'ont identifié aucun cas de botulisme aigu. Six autres n'ont pas été en mesure de recueillir les données des patients. Au total, 28 unités ont identifié 52 patients avec un botulisme aigu. L'âge médian à l'admission était de 49,2 ans et 51% des patients étaient des hommes.
Le botulisme était d'origine alimentaire dans 94,1% des cas. Le score de sévérité SAPS II médian était de 21. Les symptômes cliniques les plus fréquents à la présentation étaient oculaires (en particulier diplopie dans 84% des cas et ptôse palpébrale dans 67%) et oropharyngés (en particulier altération de la déglutition dans 78% des cas).
65% des patients étaient intubés, avec une durée médiane de ventilation mécanique de 13 jours. Une trachéotomie a été réalisée chez 36% des patients. La durée de séjour en réanimation était de 27 jours en médiane.
L'épisode de botulisme a été associé à des séquelles avec un handicap modéré ou plus (score de Rankin modifié supérieur ou égal à 3) chez 43% des patients à la sortie de réanimation, chez 22% à la sortie de l'hôpital et chez 10% lors du dernier suivi. Il y a eu 2 décès en cours d'hospitalisation, dont 1 en réanimation.
Un traitement par antitoxine botulique a été administré à 48,1% des patients. Les chercheurs n'ont pas mis en évidence de différence significative dans l'évolution des patients traités et non traités par antitoxine botulique.
"Bien que le botulisme provoque rarement des décès aujourd'hui, c'est une maladie potentiellement sévère, avec une morbidité élevée et une hospitalisation et une ventilation mécanique potentiellement prolongées", commentent les auteurs. "Des études récentes sont en faveur de l'utilisation d'antitoxines, et des recommandations claires sont nécessaires", ajoutent-ils.
cd/fbk/APMnews

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