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Un réservoir de VIH dans des macrophages des tissus du pénis

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LONDRES, 13 février 2019 (APMnews) - Les macrophages présents dans des tissus du pénis semblent constituer un réservoir jusqu'à présent méconnu du VIH, auquel il faudrait s'intéresser dans un but notamment de prévention de la transmission du virus, selon des chercheurs français qui ont publié leurs résultats dans Nature Microbiology.
Comme le rappelle l'équipe de Morgane Bomsel de l'institut Cochin à Paris (Inserm/CNRS/université Paris Descartes) dans un communiqué, l’essentiel des travaux menés sur les cellules qui peuvent constituer des réservoirs du VIH s’est concentré sur les lymphocytes T circulants.
Or, une autre catégorie de globules blancs, les macrophages, peuvent être infectés par le VIH. Et ces cellules, quand elles sont infectées par le VIH, résistent à la destruction par le virus. Elles pourraient donc constituer de bons réservoirs.
Les chercheurs ont travaillé sur des échantillons muqueux de pénis de patients sous traitement antirétroviral et dont le virus était indétectable dans le sang.
Ils ont constaté que des macrophages présents dans le tissu urétral contenaient de l'ADN du VIH intégré dans le génome, de l'ARN et des protéines virales ainsi que des virions entiers dans des vésicules.
La production de virus par les macrophages infectés pouvait être réactivée en stimulant ces cellules, par des lipopolysaccharides.
En revanche, aucun lymphocyte T porteur du VIH n'a été détecté dans ces tissus urétraux.
Ainsi, "contrairement au dogme actuel, qui ne voyait de réservoirs de VIH-1 que dans les lymphocytes T, les macrophages contenus dans les muqueuses urétrales constituent un réservoir principal du virus", commentent les chercheurs dans un communiqué de l'Inserm. "Comme les macrophages de l’urètre sont les premières cellules ciblées par le virus lors de relations sexuelles, ces réservoirs viraux dans les macrophages pourraient s’établir très tôt, dès le début de l’infection", estiment-ils.
Ces macrophages réservoirs du VIH présents dans l'urètre pourraient expliquer la persistance de libération de virus dans le sperme de patients dont la charge virale sanguine est bien contrôlée, suggèrent-ils.
Les chercheurs français estiment que la présence de macrophages réservoirs du VIH devrait être recherchée systématiquement dans d'autres muqueuses et tissus lymphoïdes dans l'organisme et qu'en plus des réservoirs connus de lymphocytes T, les réservoirs macrophagiques devraient être pris en compte dans les tentatives d'éradication du VIH.
(Nature Microbiology, publication en ligne du 4 février)
fb/nc/APMnews

[FB7PMTPEK]

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