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Retraites: Jean-Paul Delevoye évoque un possible décalage du calendrier parlementaire

PARIS, 25 mars 2019 (APMnews) - Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, compte remettre ses propositions "début juin", a-t-il annoncé dans un entretien au Journal du dimanche (JDD), tout en évoquant un possible décalage du calendrier parlementaire.
"Nous terminons le cycle des discussions le [lundi] 6 mai. Nous serons prêts à remettre nos propositions début juin", déclare Jean-Paul Delevoye dans l'entretien, publié dans l'édition du 24 mars.
"Mais je suis attentif aux expressions citoyennes nées du 'grand débat'. Si le gouvernement estime qu'il y a des urgences législatives pour y répondre, le calendrier pourrait être décalé", indique-t-il.
Aucune date précise de présentation d'un texte au Parlement n'avait été donnée, mais le ministère des solidarités et de la santé avait évoqué une discussion au Parlement "courant 2019", note-t-on.
Interrogé sur le fait que la loi pourrait donc être votée en pleine campagne des élections municipales de 2020, Jean-Paul Delevoye appelle à ne pas "paniquer" et précise que le gouvernement se donnera "au moins cinq ans de préparation entre le moment où la loi sera votée et l'entrée en vigueur du nouveau système".
Comme il l'avait fait la semaine dernière (cf dépêche du 21/03/2019 à 15:58), il réaffirme que la réforme "repose sur un âge légal minimum de départ à la retraite à 62 ans dans le nouveau système universel".
"Poser un âge minimum pour prendre sa retraite est crucial, sinon des personnes pourraient partir avec un niveau de pension tellement faible qu'elles basculeraient dans la précarité et les minima sociaux", insiste-t-il.
Interrogé sur le "couac" du gouvernement sur l'âge de départ à la retraite, il assure que les propos de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, ont été "mal interprétés". "Le rapport de Dominique Libault sur la dépendance sera rendu public jeudi et c'est au financement de ce défi sociétal que la ministre de la santé faisait référence, tout comme le premier ministre et Gérard Darmanin", explique-t-il.

Mêmes règles pour le public et le privé

Le haut-commissaire confirme par ailleurs avoir commencé une réflexion sur les régimes spéciaux, avec les partenaires sociaux.
Il indique avoir souligné aux partenaires sociaux que "dans un système universel de retraite, où les règles sont communes à tous les travailleurs quel que soit leur statut, toute dérogation à la règle commune doit être justifiée par des critères objectifs". "Quand les métiers sont similaires dans le public et le privé, il est difficile d'imaginer que les règles de retraite puissent être différentes", affirme-t-il.
Jean-Paul Delevoye confirme également qu'il souhaite "assouplir" les dispositifs de cumul emploi-retraite et de retraite progressive pour qu'une reprise d'activité puisse permettre d'obtenir des points supplémentaires.
Il assure aussi que le futur système "bénéficiera aux carrières courtes et hachées" pour qu'"aucun droit" ne soit "perdu".
Interrogé sur l'éventuelle indexation des pensions sur les salaires et non plus sur l'inflation, il considère que si les points sont acquis grâce aux salaires, "ils doivent évoluer comme les salaires". "Les pensions, elles, peuvent évoluer comme l'inflation pour garantir leur pouvoir d'achat ou comme les salaires si on veut partager les fruits de la croissance", souligne-t-il en indiquant que cette question n'est pas tranchée.
Il redit que le régime par points s'appliquera jusqu'à 120.000 euros brut de revenus annuels (cf dépêche du 10/10/2018 à 15:23 et dépêche du 16/10/2018 à 13:02). "On embarque ainsi 95% de la masse salariale", observe-t-il.
Evoquant les quelque 500.000 personnes qui perçoivent plus, parmi lesquelles des "professions libérales", il explique qu'au-delà du plafond, "elles auront la liberté pour épargner pour leur retraite". "Mais elles continueront à s'acquitter d'une contribution de solidarité", ajoute-t-il.
san/nc/APMnews

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