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Un anticorps anti-CD4 pourrait avoir une efficacité contre le VIH

WASHINGTON, 18 avril 2019 (APMnews) - Un anticorps dirigé contre l'antigène CD4, la cible du VIH, pourrait avoir une efficacité pour contrôler l'infection par le VIH après arrêt du traitement antirétroviral, suggère une étude pilote publiée jeudi dans le New England Journal of Medicine (NEJM).
Jusqu'à présent, la stratégie de contrôle du VIH consistant à injecter aux patients un anticorps a été évaluée avec des anticorps dirigés contre le virus lui-même. Globalement les résultats ont été décevants, les virus développant rapidement des résistances à l'anticorps.
C'est encore le cas dans une étude randomisée publiée lundi dans le Lancet HIV, qui a évalué l'anticorps VRC01 -dirigé contre la protéine virale env- contre placebo chez 19 patients. Ces patients contrôlés ont arrêté le traitement antirétroviral et ont reçu l'anticorps ou le placebo toutes les trois semaines jusqu'à un maximum de 24 semaines. Seul un patient sur 15 ayant reçu le VRC01 est resté 24 semaines avec une charge virale contrôlée sans antirétroviraux. Les autres ont dû reprendre le traitement.
Dans le NEJM, Chang-Yi Wang de United Biomedical à Taïwan et ses collègues ont évalué une autre stratégie. Ils ont choisi de bloquer la cible du VIH. L'anticorps UB-421 se lie à l'antigène CD4 et empêche ainsi le virus de s'y fixer et d'entrer dans les lymphocytes T CD4+.
L'anticorps a été évalué chez 29 patients, qui avaient une charge virale indétectable au seuil de 20 copies/ml. Ils ont arrêté le traitement antirétroviral et ont reçu l'anticorps toutes les semaines durant 8 semaines, ou à une dose plus élevée toutes les 2 semaines durant 16 semaines.
Tous les patients ont maintenu une suppression virale (en-dessous de 20 copies/ml) durant la période de traitement de 8 ou 16 semaines.
Huit patients (28%) ont toutefois eu des "blips" (remontées du virus entre 21 et 142 copies/ml) intermittents. Mais aucun n'a eu de vrai rebond viral (remontée au-dessus de 400 copies/ml).
Le taux global de lymphocytes T CD4+ est resté stable durant le traitement. Une baisse de la population de lymphocytes T4 régulateurs a été observée. Mais les chercheurs indiquent qu'il n'y a pas eu d'altération des capacités immunitaires des patients.
Les patients ont présenté des rashes, généralement de grade 1, de façon transitoire. Un seul patient a arrêté le traitement par UB-421 en raison d'un rash.
(NEJM, 18 avril, vol.380, n°16, p1535-1545)
fb/ab/APMnews

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