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La haute fonction publique doit évoluer mais conserver un certain niveau de formation (tribune)

PARIS, 23 avril 2019 (APMnews) - Les présidents des associations des anciens élèves de l'ENA, des directeurs d'hôpital et des administrateurs territoriaux se disent favorables à une transformation de la haute fonction publique, notamment à un "brassage des talents", mais souhaitent le maintien de certains principes, dans une tribune commune publiée dans le Journal du dimanche (JDD) 21 avril.
Cette tribune est signée par Vincent Prévoteau, président de l'association des directrices et directeurs d'hôpital (ADH), Daniel Keller, président de l'Association des anciens élèves de l'ENA (AAEENA), et Fabien Tastet, président de l'Association des administrateurs territoriaux de France (AATF).
Après avoir rappelé que "depuis 50 ans", "les hauts fonctionnaires de l'Etat, des hôpitaux et des collectivités locales [...] ont contribué à la reconstruction du pays, à l'essor de sa politique industrielle, à l'aménagement de son territoire, à l'attractivité et au rayonnement de la France, à la protection sociale pour tous, à l'épanouissement de la décentralisation et à l'édification d'un des meilleurs systèmes de santé au monde", ils indiquent que "ce constat ne s'oppose pas à un projet de transformation de notre modèle de haute fonction publique, comme levier du contrat social renouvelé des citoyens avec leurs services publics".
Si ce projet doit permettre de rendre possible "l'ascension sociale" et d'assurer "la parité entre les femmes et les hommes", il doit aussi "remédier au cloisonnement entre les hauts fonctionnaires de l'Etat, des collectivités locales et de l'hôpital", considèrent-ils.
"Pourquoi ne pas exiger de chacun un passage dans au moins deux des trois versants de la haute fonction publique, favorisé par une gestion, mieux coordonnée des ressources humaines et des formations?", s'interrogent-ils en estimant que le "brassage des talents contribue à la bonne conduite de l'action publique".
Les trois présidents évoquent aussi l'hypothèse d'une plus grande ouverture de l'administration à des profils du secteur privé tout en précisant que des "garde-fous" sont "nécessaires en matière de déontologie, d'égal accès aux emplois publics et de qualifications professionnelles".
S'ils se disent "prêts" à s'engager dans cette transformation de la haute fonction publique, les trois présidents préviennent qu'ils ont "trois points de vigilance": "l’égalité des conditions d’accès à la fonction publique, le renforcement des mobilités fonctionnelles, interministérielles, interfonctions publiques, et un système de formation de haut niveau".
"La fin de la haute fonction publique est une chimère car notre pays a besoin de cadres dirigeants", affirment-ils.
Interrogé par APMnews sur le lien entre cette tribune et l'hypothèse d'une suppression de l'ENA et d'autres écoles pour créer une école unique de service public, Vincent Prévoteau a estimé qu'il n'y avait pas de lien direct. "C’est avant tout une tribune qui rappelle l’engagement des hauts fonctionnaires, dont font partie les directeurs d'hôpital, pour faire évoluer le service public", a-t-il expliqué. Elle vise à "rappeler leur place, leur capacité à accompagner l’adaptation du service public".
"L’évolution, voire la transformation, de la haute fonction publique est possible mais elle doit être garante des valeurs du service public hospitalier et s’appuyer sur des formations de haut niveau", a insisté Vincent Prévoteau, interrogé par APMnews.
L'Elysée n'a pas confirmé l'hypothèse d'une suppression de l'ENA et d'autres écoles. Mais le chef de l'Etat devrait s'exprimer sur ce sujet, jeudi lors d'une conférence de presse organisée à 18 heures sur les suites données au "grand débat".
san/nc/APMnews

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