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Des associations de lutte contre le sida prônent la vaccination HPV des filles et des garçons "sans distinction"

PARIS, 23 avril 2019 (APMnews) - Plusieurs associations, engagées notamment dans la lutte contre le sida et pour le droit des LGBTI, plaident en faveur d'une vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) pour toutes et pour tous, indépendamment du genre, du sexe ou de l'orientation sexuelle, dans une tribune élaborée à l'initiative de l'association de lutte contre le sida Les ActupienNEs.
A l'heure actuelle, la vaccination contre les HPV est recommandée pour les jeunes filles de 11 à 14 ans (et en rattrapage jusqu'à 19 ans), les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu'à l'âge de 26 ans et les patients immunodéprimés jusqu'à 19 ans, rappelle-t-on.
Considérant que la "fréquence des cancers liés aux HPV vient de la faible couverture vaccinale française, actuellement à moins de 20%", les 42 signataires de cette tribune appellent les autorités à "adopter la réponse la plus appropriée à ce contexte", c'est-à-dire la mise en place de la vaccination pour toutes et tous, "tout en conservant le travail indispensable de prévention comprenant information, éducation et lieux ressources" accessibles à tous.
Ainsi, dans la lignée de l'"Appel des 50" (cf dépêche du 20/03/2019 à 15:35), auquel ils souscrivent, les signataires demandent un dépistage et une vaccination universelle contre le HPV. La "vaccination non genrée" est déjà recommandée par le Conseil national du sida (CNS, cf dépêche du 08/02/2017 à 11:35) et fait partie intégrante de la stratégie nationale de santé sexuelle lancée en 2017 (cf dépêche du 28/03/2017 à 17:58), pointent-ils.
Ils dénoncent notamment les "reports successifs" de l'avis de la Haute autorité de santé (HAS) sur l'extension de la vaccination anti-HPV aux garçons (cf dépêche du 08/01/2019 à 18:02), ainsi que la recommandation de la vaccination aux seuls HSH "cisgenres" (non transgenres), ce qu'ils considèrent comme une "demi-mesure".
Selon eux, la vaccination universelle comporte plusieurs avantages pour les populations "minoritaires et marginalisées", comme celui de permettre aux HSH -très exposés au HPV mais peu habitués à un suivi régulier par des urologues et proctologues- d'être "enfin protégés", car "la seule vaccination des filles ne protégeait indirectement que les garçons hétéros".
En outre, rappelant que les personnes VIH+ présentent un surrisque de cancer de l'anus et du col de l'utérus, les signataires estiment qu'une stratégie de vaccination universelle permettrait de mieux protéger les personnes VIH+ contre le HPV, en limitant la circulation de ce dernier.
Cela permettrait également de mieux protéger les personnes trans, très touchées par les pathologies liées au HPV "du fait de leur plus grande précarité, de leur non-accès aux droits sociaux et de la fin du remboursement de la prise en charge gynécologique des complications liées au HPV pour les hommes trans [ayant] obtenu leur changement d'état civil".
Les signataires de cette tribune sont des associations de lutte contre le sida, des associations LGBTI (lesbiennes, gays, bi, trans et intersexes), le Planning familial, un syndicat (Solidaires étudiant-e-s), des associations de lutte contre le cancer et des personnes individuelles, dont des médecins et des élus.
sb/nc/APMnews

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