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Des consommations élevées de vitamines B6 et B12 augmentent le risque de fracture de la hanche

WASHINGTON, 10 mai 2019 (APMnews) - Des consommations élevées de vitamines B6 et/ou B12 augmentent le risque de fracture de la hanche, particulièrement quand les consommations des deux vitamines sont élevées, alerte une étude épidémiologique dont les résultats sont publiés dans JAMA Open Network.
De nombreuses personnes consomment des compléments alimentaires. Aux Etats-Unis, une étude a montré que la moitié de la population en consomme au moins un, et dans une autre étude 28% des femmes en consommaient au moins 4. Mais une consommation excessive de ces compléments alimentaires peut avoir un effet délétère, rappellent Haakon Meyer de l'université d'Oslo et ses collègues de la Harvard Medical School à Boston.
Notamment, dans des études évaluant des supplémentations en vitamines B, des excès de fractures avaient été observées. Les chercheurs ont voulu savoir s'il y avait effectivement un risque et ont conduit une étude rétrospective.
Ils se sont intéressés aux fractures de la hanche chez 75.864 femmes ménopausées qui ont été suivies durant 20 ans.
Une consommation élevée de vitamine B6 (plus de 35 mg/j, venant de l'alimentation et de compléments) a été associée à une augmentation significative de 29% du risque de fractures de la hanche par rapport à une consommation basse (moins de 2 mg/j).
Une tendance similaire (non significative) était observée pour la consommation de vitamine B12: le risque était augmenté de 25% pour 30 mg/j et plus versus moins de 5 mg/j.
Dans cette population de femmes américaines, 8,8% consommaient plus de 35 mg/j de vitamine B6 et 14,1% consommaient plus de 30 mg/j de vitamine B12. C'est une fraction minoritaire mais non négligeable de la population.
Et surtout, l'association de consommations élevées de ces deux vitamines augmentait le risque de 47%.
Pour expliquer ces effets, les chercheurs citent des travaux préliminaires suggérant que la vitamine B6 à concentration élevée pourrait accélérer la perte osseuse en modulant l'influence des estrogènes. Quant à la vitamine B12, il n'y a pas d'hypothèse claire à ce jour.
Les auteurs estiment que leurs résultats doivent inciter à la prudence quant à la consommation de quantités élevées de ces vitamines.
Ils rappellent que les doses recommandées de vitamines qui ont été établies ont pour but de répondre aux besoins de la population et qu'il n'y a pas de preuves de bénéfices de consommations plus élevées.
Au contraire, on a plusieurs exemples d'effets délétères de supplémentations à forte dose de vitamines: le bêta-carotène (précurseur de la vitamine A) augmente le risque de cancer du poumon chez les fumeurs; des doses élevées de vitamine E pourraient augmenter la mortalité; la vitamine D à "méga-dose" augmenterait le risque de fracture; les vitamines B données pour diminuer l'homocystéine pourraient augmenter le risque de cancer.
(JAMA Network Open, publication en ligne du 10 mai)
fb/nc/APMnews

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