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Teva accusé d'avoir monté une vaste coalition d'entente sur les prix des génériques

WASHINGTON, 13 mai 2019 (APMnews) - Dans une plainte déposée vendredi, 44 Etats américains accusent Teva Pharmaceuticals, 19 autres génériqueurs et 15 cadres dirigeants de ces sociétés d'avoir participé pendant des années à une entente visant à gonfler artificiellement les prix de plus de 100 génériques.
Lors d'une conférence organisée à Jérusalem dimanche, le directeur financier de Teva, Mike McClellan, a totalement nié ces allégations, a rapporté Reuters. Dans un communiqué, Teva a affirmé qu'il "continue à examiner la question en interne et n'a eu aucun comportement susceptible d'engager sa responsabilité civile ou pénale".
Selon la plainte, déposée devant un tribunal fédéral de district du Connecticut, les sociétés mises en cause communiquaient depuis des années entre elles pour éviter la concurrence et créer un "équilibre artificiel de marché".
En plus de Teva, Pfizer, Novartis (via Sandoz), Mylan, Actavis, Amneal, Apotex, Aurobido, Breckenbrige, Dr Reddy's, Glenmark, Greenstone, Lupin, Par, Taro, Upsher-Smith et Zydus Pharmaceuticals figurent parmi les accusés.
En 2012, l'entente serait passée à "un autre niveau" à l'initiative de Teva, selon les plaignants. "Teva et ses co-conspirateurs ont cherché à tirer parti de la nature collusoire de l'industrie pour maintenir non seulement leur "part juste" [fair share] sur le marché de chaque médicament générique, mais aussi pour augmenter considérablement les prix du plus grand nombre de génériques possibles".
"Pour accomplir cet objectif, Teva a sélectionné un groupe de concurrents clés avec qui il avait déjà des relations de collusion très bénéfiques, qu'il a répertoriés comme des concurrents "de 'haute qualité' ['High Quality' competitors], et a identifié les médicaments où ils se chevauchent", poursuivent les auteurs de la plainte.
Selon eux, le "zénith" de la collusion a été atteint entre juillet 2013 et janvier 2015. Il a mené à une hausse significative des prix d'environ 112 génériques, dont au moins 86 grâce à une entente avec ses concurrents "de haute qualité", tandis que sur les autres médicaments Teva disposait d'une position quasi monopolistiques. Certains prix auraient été augmentés de plus de 1.000%.
Au total, ce réseau d'ententes aurait généré des "milliards de dollars" de dommages pour l'économie nationale, affirment les plaignants.
Parmi les médicaments cités, figurent l'association contre le VIH lamivudine + zidovudine, l'antiasthmatique budésonide, le traitement du cholestérol fénofibrate, les traitements des troubles de l'attention avec l'hyperactivité amphétamine et dextroamphétamine, des antibiotiques oraux, des anticancéreux, des antidépresseurs, etc.
Cette plainte se base sur des éléments recueillis lors d'une enquête non publique menée par l'Etat du Connecticut à partir de juillet 2014, sur la base de hausses suspectes de prix de certains génériques. L'enquête s'est ensuite étendue à 48 Etats et territoires américains.
Elle a permis de recueillir, pour chacun des traitements cités, des preuves de messages et d'appels entre laboratoires concurrents, ainsi que des témoignages devant démontrer que les membres de "cartels" s'informaient sur les arrivées sur le marché et trouvaient des accords sur les prix à fixer.
Selon la plainte, les "conspirateurs" connaissaient le caractère illégal de leur pratique et communiquaient toujours en personne, lors d'événements organisés par l'industrie, de déjeuners, de parties de golf ou de soirées, ou via leur téléphones portables, afin d'éviter de laisser des traces écrites de leurs échanges. Des traces d'effacement de communication écrites ont également été trouvées.
"Nous nous demandions pourquoi notre santé, et notamment les prix de nos médicaments génériques sous prescription, sont si chers dans notre pays- voici une grande partie de l'explication [...] Nous ne nous arrêterons pas jusqu'à que les sociétés et les particuliers qui ont orchestré ces plans soient tenus pour responsables", a affirmé dans un communiqué le procureur général du Connecticut, William Tong, qui mène cette plainte.
Il s'agit de la deuxième plainte dans cette affaire. La première, déposée en 2016 par 45 Etats, est toujours en cours au tribunal du district ouest de Pennsylvanie (cf dépêche du 31/10/2017 à 17:36). Elle met en cause 15 génériqueurs et 2 cadres dirigeants pour s'être entendus sur les prix de 15 médicaments génériques. Deux cadres dirigeants qui étaient mis en cause ont trouvé un accord pour mettre un terme aux poursuites.
Le cours de Teva a perdu près de 11% dans la journée de dimanche sur le Tel Aviv Stock Exchange. Il reprenait 2% à 4.760 shekels lundi en fin de matinée.
rtrs/mjl/eh/APMnews

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