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La HAS préconise une prise en charge simplifiée de l'hépatite C non sévère ouverte à tous les médecins

SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 20 mai 2019 (APMnews) - La Haute autorité de santé (HAS) préconise un parcours simplifié de prise en charge des patients atteints d'une hépatite C non sévère et la possibilité, ouverte à tous les médecins, de leur prescrire Epclusa* (sofosbuvir + velpatasvir, Gilead) et Maviret* (glécaprévir + pibrentasvir, AbbVie), dans une fiche mémo mise en ligne lundi sur son site.
Ces recommandations, qui visent l'objectif fixé par d'Organisation mondiale de la santé (OMS) d'éliminer l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) d'ici à 2030, reprennent pour l'essentiel les recommandations de l'Association française pour l'étude du foie (Afef) de mars 2018 (cf dépêche du 14/03/2018 à 17:42).
Les hépato-gastroentérologues plaident en faveur d'une large prescription des nouveaux antiviraux d'action directe sur le VHC, en raison de leur très grande efficacité, leur bon profil de sécurité et leur simplicité, en particulier depuis la mise sur le marché d'associations pangénotypiques qui peuvent être prescrites sans génotypage préalable, rappelle-t-on.
Les recommandations de la HAS et de l'Afef divergent sur le dépistage.
La société savante milite depuis quelques années pour un dépistage universel de toutes les personnes sans facteur de risque au moins une fois dans leur vie.
La HAS n'a pas repris cette demande et prône un dépistage de "toute personne à risque ou estimant qu'elle a pu avoir un contact avec le VHC".
Elle liste ces personnes à risque, parmi lesquelles figurent les personnes ayant eu avant 1992: une transfusion, un séjour en réanimation, une hémorragie digestive, un accouchement difficile, une greffe, des soins en néonatalogie, une intervention chirurgicale lourde. S'y ajoutent entre autres les patients hémodialysés, les usagers de drogue par voie intraveineuse ou nasale, les hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes, les personnes ayant eu un tatouage ou un piercing et les personnes incarcérées.
La HAS décrit les modalités de dépistage, et une fois l'hépatite diagnostiquée, le bilan à réaliser: la recherche de comorbidités (co-infections, surpoids, insuffisance rénale, consommation d'alcool), le bilan sanguin.
Afin d'écarter toute maladie hépatique sévère qui nécessite une prise en charge spécialisée, il est préconisé de réaliser: un Fibrostest*, un Fibromètre* ou un Fibroscan*. La fiche mémo donne, pour chacun, la valeur prédictive négative de fibrose hépatique sévère supérieure à 95%, a expliqué Victor de Lédinghen, membre de l'Afef, contacté lundi par APMnews.
En cas de co-infection par le VIH, le VHB, d'insuffisance rénale sévère et de comorbidité mal contrôlées, une prise en charge spécialisée est préconisée.
Sinon, c'est une prise en charge simplifiée qui peut être dispensée par tout médecin.
La recherche de génotype du VHC n'est pas nécessaire dans le cadre de cette prise en charge simplifiée.
Après avoir recherché d'éventuelles interactions médicamenteuses et enquêté sur le recours à l'automédication et aux produits de "médecine naturelle" (compléments alimentaires, millepertuis, etc.), les médecins disposent de deux options thérapeutiques: 12 semaines d'Epclusa* ou 8 semaines de Maviret*.
La HAS souligne qu'il est indispensable de quantifier l'ARN du VHC 12 semaines après l'arrêt du traitement. S'il est indétectable, le patient est considéré comme guéri, dans le cas contraire il doit être réorienté.
Jusqu'à présent, la prescription de Maviret* et Epclusa* était réservée aux hépato-gastro-entérologues, aux internistes et aux infectiologues, note-t-on. Leur délivrance, qui était exclusivement hospitalière a été élargie aux officines en mars 2018 (cf dépêche du 08/03/2018 à 11:37 et dépêche du 29/03/2018 à 12:52).
Dans un communiqué diffusé lundi, le ministère de la santé affirme que la prescription de ces deux médicaments "est ouverte aujourd'hui à l’ensemble des médecins, et notamment aux médecins généralistes".
vib/nc/APMnews

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