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L'innovation pharmaceutique ne faiblit pas malgré le ralentissement de la croissance des ventes mondiales (Iqvia)

BRUXELLES, 3 juin 2019 (APMnews) - L'innovation pharmaceutique se poursuit dans certaines zones géographiques et aires thérapeutiques grâce aux médicaments de spécialité et aux produits orphelins, et ce malgré le ralentissement de la croissance du marché mondial, selon le groupe de services à l'industrie Iqvia.
Le marché pharmaceutique mondial enregistre actuellement des performances au ralenti et les perspectives de croissance annuelle pour les cinq années à venir sont limitées à 4%-5% en prix fabricant et à seulement 2%-3% en net, ont indiqué deux représentants d'Iqvia, Per Troein et Doug Long, fin mai lors du congrès du Groupement international de la répartition pharmaceutique (Girp) à Stockholm.
Ils prévoient que les ventes mondiales de produits pharmaceutiques atteindront 1.485 milliards de dollars en 2023, contre 1.184 milliards actuellement.
En Europe, la croissance annuelle des plus gros marchés ralentira d'ici 2023, à environ 3,8% en moyenne. Seuls le Royaume-Uni et l'Allemagne devraient dépasser les 4% par an et l’Italie les 3%. L’Espagne et la France devraient quant à elles connaître une croissance inférieure à 1%.
Néanmoins, l'innovation reste au rendez-vous, avec 59 nouveaux traitements lancés en 2018 aux Etats-Unis dont plusieurs produits clés en oncologie et en médecine de spécialité. En Europe aussi, la médecine de spécialité a tiré les ventes, ainsi que les produits orphelins.
Selon Iqvia, un tiers de la valeur du marché pharmaceutique est générée par quatre domaines thérapeutiques: l'oncologie, le diabète, les maladies auto-immunes et respiratoires. A elles seules, ces quatre aires ont représenté plus des deux tiers de la croissance mondiale en 2018.

Accès au marché variable

Les données d’Iqvia mettent en avant des différences en termes de délais d'accès au marché pour les nouveaux médicaments en Europe.
Le délai le plus long (plus de 900 jours en moyenne après l'autorisation de mise sur le marché -AMM) a été rapporté en Serbie, qui termine devant la Lituanie, le Portugal, la République tchèque, la Pologne et l'Estonie (plus de 600 jours).
L'Allemagne affiche un délai moyen de 119 jours, faisant ainsi un peu mieux que le Danemark, la Suisse, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les autres grands marchés européens sont plus lents, notamment la France (500 jours) et l’Italie et l’Espagne (400 jours).
Parmi 120 produits lancés en 2015-2017, 24 étaient remboursés en Pologne, contre 106 au Royaume-Uni, 104 en Allemagne, 102 en Autriche et 101 au Danemark. L’Italie comptait 96 produits disponibles, et l’Espagne et la France, en milieu de tableau, moins de 75.

Les biosimilaires peinent à s'imposer

Du côté des biosimilaires, leur pénétration reste limitée sur le marché des produits biologiques, qui pèsent désormais près du tiers des ventes de médicaments en Europe. Ce marché est passé de 40 milliards d'euros en 2013 à 60 milliards en 2018, soit un taux de croissance d’environ 10% par an.
Les biosimilaires ne représentent que moins de 10% des ventes, dont les trois quarts sont réalisées dans les cinq principaux pays de l’UE (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Espagne). Le taux de pénétration des biosimilaires au Danemark était toutefois le plus élevé en 2018 pour les principaux produits.
Pour Iqvia, la situation s'explique en partie par une attitude plus offensive des laboratoires vis-à-vis de la concurrence biosimilaire. AbbVie a notamment décidé de riposter sur les prix afin de conserver les parts de marché de son anti-TNF Humira* (adalimumab), biosimilarisé en Europe depuis octobre 2018.
Malgré les difficultés d'accès au marché, le marché des biosimilaires devient de plus en plus concurrentiel à mesure que davantage de sociétés parient sur ces produits, avec des pipelines prometteurs. Actuellement, 128 biosimilaires sont en phase III ou déjà approuvés.
En parallèle, la croissance des volumes de génériques en Europe a ralenti depuis 2012, pour se situer à un peu moins de 60% sur les trois dernières années. Le marché est aussi pénalisé par les baisses de prix (prix moyen par jour de traitement quasiment divisé par deux au cours de la dernière décennie).
En valeur, les 10 principaux génériqueurs détiennent actuellement une part de marché inférieure à celle d’il y a six ans.
apmhe/gb/nc/APMnews

[GB4PSILEN]

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