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Opioïdes, ISRS et glucocorticoïdes associés à un risque accru de fracture dans la polyarthrite rhumatoïde

LONDRES, 11 juin 2019 (APMnews) - L'utilisation d'opioïdes, d'antidépresseurs ISRS ou de glucocorticoïdes chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) est associée à un risque accru de fracture, tandis que les statines et les anti-TNF sont associés à une diminution de ce risque, selon une étude américaine publiée dans les Annals of the Rheumatic Diseases.
L'inflammation chronique prédispose les patients atteints de PR aux fractures ostéoporotiques, aux comorbidités cardiométaboliques et aux problèmes psychosociaux. Par ailleurs, dans la population générale, les opioïdes, antidépresseurs, psychotropes et inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) augmentent le risque de fracture, tandis que les statines ont l'effet inverse. Or pour soulager la douleur, de nombreux patients polyarthritiques utilisent ces médicaments, malgré la disponibilité de traitements de fond spécifiques (DMARDs). Leur influence sur le risque de fracture chez ces patients a été peu étudiée, soulignent les auteurs.
Ils ont examiné la survenue de fractures ostéoporotiques au sein d'un registre observationnel longitudinal de patients atteints de PR, entre 2001 et 2017. Dans ce registre, 11.412 patients ont été suivis en médiane pendant 3 ans. Il y a eu 914 fractures.
Le risque de fracture était significativement augmenté avec l'utilisation de glucocorticoïdes pendant au moins 3 mois, de 26% pour des doses inférieures ou égales à 7,5 mg/j, et de 57% pour des doses plus fortes.
L'utilisation d'opioïdes faibles ou forts augmentait aussi significativement le risque de fracture, de 37% et 53% respectivement. L'augmentation du risque apparaissait dès le 1er mois de traitement.
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) étaient également associés à une augmentation significative du risque de 37%. Le risque commençait à augmenter après 3 mois de traitement.
Le risque de fracture était significativement réduit avec les statines (-23%) et les anti-TNF (-28%). Par rapport au méthotrexate en monothérapie, les autres DMARDs synthétiques étaient aussi associés à une diminution du risque de fracture (-18%).
Les IPP et les autres psychotropes n'étaient pas associés au risque de fracture, contrairement à ce qui a été observé dans la population générale, soulignent les auteurs. Cette absence d'association est probablement due au petit nombre de patients sous psychotropes dans cette cohorte et à l'importante co-prescription de bisphosphates, estiment-ils.
"De notre point de vue, les risques d'ostéoporose, de fracture et de chute dans la PR et leurs conséquences sévères sont sous-estimés. Etant donné la survenue fréquente de la douleur chronique, des troubles de l'humeur, de la prise de plusieurs médicaments et des risques déjà augmentés de fracture et de chute chez les patients atteints de PR, nous suggérons de revoir régulièrement la nécessité des médicaments utilisés", commentent-ils.
Ils suggèrent, à l'ère de l'usage épidémique d'opioïdes, de diminuer leur recours, mais aussi d'encourager la prescription de statines, étant donné leur association protective avec les fractures et les risques cardiovasculaires associés à la PR.
(Annals of the Rheumatic Diseases, publication en ligne du 15 mai)
cd/ab/APMnews

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