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Santé publique France aurait besoin de plus de moyens, selon François Bourdillon (presse)

PARIS, 24 juin 2019 (APMnews) - Santé publique France aurait besoin de plus de moyens pour pouvoir accomplir au mieux toutes ses missions et développer ses activités de surveillance et prévention dans certains domaines insuffisamment couverts, estime le Pr François Bourdillon, qui a quitté la direction générale de l'agence, dans un entretien publié par le Quotidien du médecin lundi.
Nommé en juin 2016, François Bourdillon a été le premier DG de cette nouvelle agence créée par le regroupement de l'Institut de veille sanitaire (InVS), l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) et l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus). Il a effectué un mandat de 3 ans (cf dépêche du 11/06/2019 à 09:57).
Interrogé par le Quotidien du médecin sur le bilan de ces 3 premières années d'activité, il estime que "l'agence compte déjà quelques succès comme la baisse de la consommation tabagique" à laquelle Santé publique France a participé. Il note aussi l'augmentation de la couverture vaccinale, notamment pour le méningocoque, avec pour corollaire la baisse des méningites des nourrissons de moins d'un an.
Il met également en avant la réactivité qui a permis par exemple, dans l'affaire Lactalis, de donner l'alerte "dès le lendemain matin" de la déclaration de cas d'infections de bébés par des salmonelles: "En quelques heures nous avions trouvé le point commun entre les différents malades". Il cite aussi l'alerte donnée rapidement sur la contamination de laits infantiles par Salmonella poona et l'identification rapide d'une épidémie d'infection par le virus de l'hépatite A chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Mais, interrogé sur les moyens de l'agence (590 agents et 170 millions d'euros de budget annuel), l'ancien DG cite en comparaison les 5.500 agents de Public Health England (PHE), l'agence anglaise de santé publique.
"Honnêtement, vu les besoins, les saisines et les demandes, Santé publique France aurait besoin de plus de monde", déclare-t-il.
Il rappelle qu'il a créé "de toutes pièces" un département petite enfance-périnatalité, mais qu'"un manque demeure pour la santé des adolescents".
Pour le tabac et l'alcool, Santé publique France n'a "qu'une équipe de 10 personnes, et pas encore d'équipe dédiée au cannabis".
Il note également que l'agence réalise une veille sur le risque canicule, les effets de la pollution atmosphérique et l'émergence de nouvelles pathologies liées au changement climatique, mais qu'il qualifie de "sujets isolés". Il faudrait "intégrer tous ces éléments dans une problématique plus globale sur le changement climatique", et faire non seulement de l'épidémiologie mais aussi de la prévention.
Interrogé sur l'affaire des "bébés sans bras", pour laquelle il a été reproché à l'agence un manque de réactivité, François Bourdillon, tout en contestant cette version, estime que les moyens de la surveillance des liens potentiels entre des pathologies et l'environnement sont encore insuffisants. Il n'existe que 6 registres des malformations en France, couvrant 21% des naissances.
Concernant l'alcool, où il y a aussi "peu de moyens" et une forte "pression sociale", il a néanmoins souligné qu'une stratégie de santé publique se mettait en place: "une nouvelle campagne consacrée aux adolescents vas bientôt être lancée" et "en janvier 2020 nous espérons aussi lancer le premier 'mois sans alcool' à l'image du 'mois sans tabac'".
fb/nc/APMnews

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