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Risque de cancer, notamment du sein, augmenté avec l'iode radioactif en traitement de l'hyperthyroïdie

WASHINGTON, 3 juillet 2019 (APMnews) - Le traitement de l'hyperthyroïdie par iode radioactif est associé à une augmentation dose-dépendante du risque de tumeur solide, particulièrement de cancer du sein, montre une étude pharmaco-épidémiologique américaine avec un très long suivi, publiée dans le JAMA Internal Medicine.
L'iode radioactif a été le traitement de choix de l'hyperthyroïdie durant longtemps, bien qu'elle soit désormais en seconde ligne derrière les antithyroïdiens. Si le risque de l'iode radioactif à doses élevées en traitement du cancer de la thyroïde est bien connu (sarcomes, cancers digestifs, leucémies), le risque aux doses plus faibles utilisées pour l'hyperthyroïdie n'était pas clair.
Carl Kitahara du National Cancer Institute (NCI) à Bethesda (Maryland) et ses collègues se sont penchés sur cette question en utilisant les données de l'étude épidémiologique Cooperative Thyrotoxicoses Therapy, qui avait inclus entre 1946 et 1964 des personnes traitées pour une hyperthyroïdie (maladie de Basedow pour la plupart). Le suivi prolongé était de 26 ans en moyenne mais allait jusqu'à 68 ans.
Les chercheurs ont constaté qu'une dose cumulée d'iode radioactif de 100 mGy absorbée au niveau du sein (correspondant à une dose globale de 266 MBq administrée aux patients) était associée à une augmentation de 12% du risque de cancer du sein.
Pour les autres localisations de cancer, on ne voyait pas d'augmentation significative. Mais quand toutes les tumeurs solides (autres que le sein) étaient analysées ensemble, une dose de 243 MBq (équivalent d'une dose de 100 mGy absorbée par l'estomac) était associée à une augmentation de 5% du risque.
Le niveau de surrisque était proportionnel à la dose reçue par les patients.
Il n'y avait pas en revanche d'excès de risque de cancer hématologique.
Les chercheurs américains ont calculé que pour 1.000 personnes traitées pour une hyperthyroïdie à une dose globale variant usuellement entre 150 et 250 mGy, on pouvait estimer que sur l'ensemble de leur vie, il y aurait un excès de 19 à 32 décès par cancer solide.
Cette étude est "la première à caractériser la relation dose-réponse entre la dose absorbée par un tissu ou organe et le risque de décès par cancer à chaque site" et "la première à donner des preuves directes d'une association entre l'exposition interne à l'iode 131 et le risque de cancer du sein", notent les auteurs. Des études doivent désormais préciser les risques et bénéfices des différentes options de traitement de l'hyperthyroïdie.
(JAMA Internal Medicine, publication en ligne du 1er juillet)
fb/ab/APMnews

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