dépêche

 - 

Incendie de Notre-Dame et pollution au plomb: des syndicats et associations demandent la création d'un centre de suivi à l'Hôtel-Dieu

PARIS, 5 août 2019 (APMnews) - Un collectif de syndicats CGT et d'associations ont demandé que soit déployé à l'Hôtel-Dieu (Assistance publique-hôpitaux de Paris -AP-HP) un centre de suivi des personnes exposées aux poussières de plomb issues de l'incendie de Notre-Dame de Paris, lundi lors d'une conférence de presse organisée aux abords de la cathédrale.
Entre 400 et 500 tonnes de plomb ont été réduites en cendres lors de la fonte de la flèche et de la toiture de la cathédrale, lors de l'incendie du 15 avril, rappelle-t-on.
Début juin, à la suite de l'identification chez un enfant d'une plombémie supérieure au seuil de déclaration obligatoire de 50 µg/L (qui s'est avérée par la suite liée à son logement et non à l'incendie), l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a invité les familles ayant des enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes vivant sur l'île parisienne de la Cité à réaliser une plombémie de surveillance. Une consultation de dépistage a pour cela été mise en place sur rendez-vous au Centre de diagnostic et de thérapeutique de l'Hôtel-Dieu (cf dépêche du 05/06/2019 à 15:40).
Plusieurs syndicats CGT (dont ceux de l'Hôtel-Dieu, de la Ville de Paris ou encore de la préfecture de police) ainsi que l'Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) et l'association Henri-Pézerat estiment que ces mesures ne sont pas suffisantes et demandent que soit créé à l'Hôtel-Dieu un centre de suivi pour toutes les personnes exposées, y compris les pompiers, les travailleurs et les riverains.
Contactée lundi par APMnews, la présidente de l'AFVS, Mathé Toullier, a appelé à une offre de dépistage "étendue à toute la population qui le souhaite, y compris les habitants d'Ile-de-France", dans la mesure où le "cheminement du plomb" n'est pas connu. Elle demande également un "suivi de ces populations, quel que soit leur taux de plomb dans le sang", avec la réalisation d'analyses mais aussi la délivrance d'explications et de conseils -d'autant que, selon elle, les médecins traitants ne sont plus suffisamment formés à la détection et à la prise en charge du saturnisme.
Les associations et syndicats réclament "un suivi clinique, psychologique et social, qui devra s'inscrire dans la durée compte tenu des délais d'apparition des différents troubles associés à l'intoxication au plomb".
"Il y a des familles qui se sont adressées à nous, complètement paniquées", a pointé Mathé Toullier. "Il faut être prêt pour répondre à la demande, il faut informer, il faut agir dans le temps", a-t-elle ajouté, déplorant le fait que la direction de l'ARS Ile-de-France n'ait toujours pas répondu à leurs revendications.
Contactée vendredi par APMnews, l'ARS a souligné que le dépistage du saturnisme était "très simple" et qu'il suffisait d'aller chez le médecin traitant pour faire une prise de sang. "Personne ne sera refusé à l'Hôtel-Dieu", a-t-elle assuré, mais "il y aura une consultation avec un médecin de l'AP-HP qui estimera s'il faut faire un dépistage ou pas".
A fin juillet, aucun nouveau cas de plombémie supérieure à 50 µg/L n'avait été identifié, a souligné l'ARS auprès d'APMnews, rappelant par ailleurs qu'il s'agissait là d'un seuil de vigilance, et que le fait de le dépasser n'était pas forcément synonyme de saturnisme.
Fin juillet, l'association Robin des bois a déposé une plainte contre X au tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour "carences fautives" dans la mise en oeuvre de mesures de protection et d'information des populations en lien avec la contamination au plomb qui a suivi l'incendie de Notre-Dame, rappelle-t-on (cf dépêche du 30/07/2019 à 10:44). L'association remet en cause la démarche de l'ARS Ile-de-France, qu'elle considère comme "sous-dimensionnée par rapport à l'ampleur de l'enjeu sanitaire".
sb/gb/APMnews

[SB4PVR9XZ]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi