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Vaccination contre l'hépatite A : perte de protection précoce chez une petite partie des VIH+

LONDRES, 19 août 2019 (APMnews) - Une petite partie des personnes séropositives perdent précocement la protection conférée par la vaccination contre l'hépatite A, selon une étude publiée en août dans Hepatology.
L'hépatite A est communément considérée comme une infection d'origine alimentaire. Mais de récentes épidémies survenues en Europe et en Amérique et impliquant des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) montrent qu'elle est également une maladie sexuellement transmissible (cf dépêche du 06/12/2017 à 19:28).
Depuis 1992, il existe des vaccins sûrs, immunogènes et hautement efficaces contre l'hépatite A, rappellent Sung-Hsi Huang de l'université nationale de Taïwan et ses collègues. Chez les personnes saines, deux doses administrées à 6 à 12 mois d'intervalle assurent une protection chez 95 à 100% des vaccinés. Mais, chez les personnes infectées par le VIH, la séroprotection est moins "robuste", notent les auteurs. Le taux de séroconversion après deux doses varie entre 49% et 94% et les concentrations moyennes en anticorps protecteurs sont plus faibles. La question de la durabilité de la réponse immunitaire se pose également.
Pour les personnes VIH+, les recommandations en vigueur ne donnent que peu de précisions sur la nécessité d'effectuer des rappels, probablement en raison d'un manque de données cliniques.
L'équipe a cherché à déterminer l'incidence de la séroréversion précoce chez les personnes VIH+ ayant reçu deux doses de vaccin contre l'hépatite A au cours d'une épidémie qui a touché les HSH à Taïwan entre 2015 et 2017.
Une campagne de vaccination avait été mise en place en octobre 2016 auprès des personnes à risque avec Havrix* 1.400 UI/1 ml (GlaxoSmithKline) et Vaqta* 50 U/mL (Merck & Co).
Dans cette étude cas-contrôle multicentrique centrée sur les personnes VIH+, les cas étaient les 49 patients chez qui une séroréversion avait été mise en évidence parmi les 1.256 personnes vaccinées, après une médiane de 611 jours.
Le taux de séroréversion précoce a été estimé à 3,9%.
La séroréversion était plus fréquente chez les personnes de poids élevé, celles qui n'avaient pas une charge virale indétectable (risque triplé) et une concentration en lymphocytes T CD4+ plus faible.
Les auteurs qualifient ce taux de séroréversion précoce de "faible mais substantiel" et appellent à surveiller régulièrement la réponse immunitaire après une primo-vaccination chez les personnes VIH+.
(Hepatology, vol.70, n°2)
vib/ab/APMnews

[VIB1PWH6HO]

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