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EHESP: le projet stratégique 2019-2023 doit aboutir à une "refonte totale" de l'offre de formation (Laurent Chambaud)

(Par Sylvain LABAUNE)
RENNES, 2 septembre 2019 (APMnews) - L'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) a adopté son nouveau projet stratégique 2019-2023, qui ambitionne une "refonte totale" de la formation, ainsi que le développement de la recherche et de la réputation internationale de l'école, a indiqué vendredi à APMnews son directeur, Laurent Chambaud.
Le nouveau projet stratégique (24 pages) a été adopté le 2 juillet par le conseil d'administration (CA) de l'EHESP. Il s'articule autour de quatre grandes orientations:
  • "proposer à tous les acteurs de la santé publique une formation de qualité et novatrice"
  • "accroître la visibilité des activités de recherche et d’expertise scientifique"
  • "renforcer le rayonnement et la reconnaissance internationale de l’école"
  • "dynamiser la vie de campus pour renforcer le sentiment d’appartenance et créer des conditions de vie favorables pour l’ensemble de la communauté de l’EHESP".
Le premier enjeu du projet, "en dehors de l'organisation interne de l'école", c'est la "refonte totale de l'offre de formation pour passer à ce que l'on appelle des 'blocs de compétences'", a déclaré Laurent Chambaud.
Il s'agit "d'avoir une approche beaucoup moins cloisonnée entre les formations professionnalisantes, académiques et continues", a-t-il poursuivi. Avec les blocs de compétences, "on va redéfinir des domaines dans lesquels les compétences doivent être acquises et développées, afin d'établir à partir de cela des référentiels sur ces domaines particuliers".
Par exemple, "dans le cadre d'une formation en ressources humaines, un même bloc de compétences pourra être activé soit dans le cadre d'une formation d'élèves fonctionnaires, soit d'une formation continue ou académique [les Masters de l'EHESP]", explique-t-il. Ainsi, des "publics différents pourront se retrouver pour acquérir ce même bloc de compétences".
"Les formations seront donc plus individualisées, souples et flexibles." Et si "nous appliquons cette démarche à l'ensemble de nos formations, nous nous rapprocherons davantage de ce que veulent maintenant les apprenants et les employeurs: c'est-à-dire cette capacité à adapter régulièrement les offres de formation quels que soient les publics", continue Laurent Chambaud.
"Il faut passer de référentiels de compétences, à des blocs bien précisés faciles à comprendre", pouvant aboutir en quelque sorte à "des formations à la carte", résume-t-il. L'objectif n'est "pas tellement d'avoir à tout prix une mixité des publics, entre académiques et fonctionnaires, mais de les faire se rencontrer pour qu'ils s'enrichissent mutuellement".

Développer la recherche en management de santé

Le deuxième enjeu est de consolider la recherche. Si l'école "est en pointe dans certains domaines, notamment en santé environnementale, la grande priorité est de développer la recherche en service et management en santé", relève le directeur de l'EHESP.
Le management en santé "est un des fondamentaux de l'école, nous sommes connus pour cela. Il faut désormais transformer cette capacité de recherche pour être visibles sur le plan national et international", continue-t-il.
"Il faut pour cela concentrer nos efforts sur ce sujet afin d'avoir le soutien des organismes de recherche", développe-t-il. L'objectif est de "présenter un projet crédible, avec une capacité de mobilisation, pour aller chercher des financements".
D'une manière générale, "il y a de très bons chercheurs en France dans les différentes disciplines, par exemple en droit et économie de la santé ou en management d'une manière générale, mais nous n'avons aucune équipe interdisciplinaire capable de réunir ces forces pour peser jusqu'au niveau international", commente le directeur.

"Faire connaître notre expertise à l'international"

L'internationalisation est le troisième enjeu. "Nous souhaitons faire de l'EHESP une école internationalement connue et reconnue dans le domaine de la santé publique", déclare Laurent Chambaud.
Pour cela, l'EHESP souhaite internationaliser ses recrutements afin d'avoir "plus d'étudiants étrangers et davantage de mobilité au niveau des élèves, des enseignants et du personnel administratif".
"Nous avons à peser sur la scène internationale car la France est un exemple unique en matière de santé", poursuit-il. De plus, "nous souhaitons faire valoir notre expertise en répondant à des appels à projets dans des pays en transition ou en voie de développement".
syl/ab/APMnews

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