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Peu de rémissions en cas d'arrêt d'analogues nucléosidiques et nucléotidiques chez les patients atteints d'hépatite B chronique

WASHINGTON, 16 septembre 2019 (APMnews) - L'arrêt des traitements par analogues nucléotidiques et nucléosidiques entraîne 71% de rechutes à 72 semaines chez des patients atteints d'hépatite B, selon une étude canadienne publiée dans la revue Hepatology.
La première ligne de traitement des hépatites B chroniques est la prise de longue durée d'analogues nucléosidiques et nucléotidiques. Ces médicaments interfèrent avec le cycle de reproduction de l'ADN viral.
Ces molécules sont prises sur une longue période, ce qui augmente les risques de résistance virologique, de non-observance des traitements et d'effets indésirables, tels que les dommages rénaux ou la perte de masse osseuse.
Cette étude randomisée de phase IV a donc cherché à déterminer s'il était envisageable d'arrêter le traitement aux analogues nucléosidiques et nucléotidiques chez des patients possédant toujours des antigènes de surface de l'hépatite B (HBs), dont la disparition est l'objectif des thérapies curatives pour l'hépatite B chronique.
Kin Seng Liem du Toronto General Hospital et ses collègues ont sélectionné 67 patients prenant des analogues nucléosidiques et nucléotidiques depuis au moins un an. Les deux tiers d'entre eux, soit 45 personnes, arrêtèrent leur traitement pendant 72 semaines ou jusqu'à ce que leur état virologique indique un besoin de reprise des médicaments.
A la fin des 72 semaines, seuls 27% des patients ayant arrêté leurs traitements étaient toujours en rémission contre 86% des patients ayant poursuivi leur protocole thérapeutique.
Au cours de ces 16 mois, 38% des patients qui n'étaient plus traités ont requis une reprise des traitements, surtout à cause d'indications virologiques (seroréversion de l'antigène HBe, rechute virologique). Deux patients ont présenté des signes suggérant des développements de fibrose hépatique.
Cependant, aucun patient n'a développé de maladie hépatique avancée ou de complication sérieuse. Aucun décès n'est non plus à déplorer, ce qui s'était présenté dans une étude similaire.
Le seul critère prédictif des risques de rechute était la présence d'antigènes de la capside virale (HBe) au début de l'étude. Selon les auteurs, "ces résultats contredisent des affirmations précédentes d'une réponse plus durable hors du traitement chez les patients HBeAg-positifs que chez les patients HBeAg-négatifs".
Chez une patiente qui a pu arrêter durablement le traitement, l'antigène de surface de l'hépatite B (HBs) a disparu en dessous des seuils de détection, ce qui est l'objectif des thérapies curatives. Parallèlement, elle a développé des anticorps anti-HBs.
Les auteurs concluent que "l'arrêt des traitements aux analogues nucléotidiques et nucléosidiques avant la disparition des antigènes HBs montre peu de bénéfices, particulièrement pour les patients positifs aux antigènes HBe avant le traitement".
Ils soulignent qu'il est crucial de "discuter avec les patients qui envisagent d'arrêter les analogues nucléos(t)idiques le risque faible mais significatif de conséquences dommageables".
(Hepatology, publication en ligne du 28 août)
eag/fb/nc/APMnews

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