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L'hypothermie thérapeutique améliore la récupération neurologique après arrêt cardiaque non choquable

BERLIN, 2 octobre 2019 (APMnews) - L'hypothermie modérée thérapeutique appliquée chez les patients en coma réanimés après un arrêt cardiaque non choquable améliore la récupération neurologique par rapport à la normothermie, sans toutefois améliorer la survie, montre une étude randomisée française présentée mercredi au congrès de l'European Society of Intensive Care Medicine (ESICM) à Berlin.
Une hypothermie modérée thérapeutique, entre 32 et 36°C, est recommandée pour les patients en coma réanimés d'un arrêt cardiaque, mais une étude récente a montré des effets non concluants de ce traitement chez les patients ayant eu un arrêt cardiaque avec un rythme cardiaque non choquable, soit environ 19% des patients. Des séries de cas ont toutefois suggéré des effets bénéfiques de l'hypothermie sur l'évolution neurologique et la survie pour ces patients, rappellent les auteurs dont les résultats sont également publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM).
Dans l'essai en ouvert HYPERION, présenté en session Hot topics, financé notamment par le programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) en 2013, Jean-Baptiste Lascarrou du CHU de Nantes et ses collègues ont randomisé 584 patients en coma admis en réanimation après un arrêt cardiaque non choquable à l'arrivée des secours, entre une hypothermie modérée thérapeutique (33°C) et une normothermie ciblée à 37°C.
A 90 jours, 10,2% des patients du groupe hypothermie présentaient une bonne récupération neurologique, atteignant un niveau 1 ou 2 sur l'échelle Cerebral Performance Categories (CDC), critère principal d'évaluation. Ce taux était de 5,7% dans le groupe normothermie. Le risque relatif de bonne récupération était significativement augmenté de 87% dans le groupe hypothermie.
La mortalité à 90 jours n'était pas différente entre les 2 groupes (81,3% contre 83,2%).
Les évènements indésirables n'étaient pas différents entre les 2 groupes.
Les auteurs soulignent qu'ici, avec l'hypothermie, le pronostic neurologique a été amélioré mais pas la survie à 90 jours, tandis que l'inverse a été observé avec l'adrénaline. Avec l'hypothermie, ils ont calculé qu'il était nécessaire de traiter 22 patients pour qu'un patient de plus survive avec un score CPC de 1 ou 2, tandis que 15 patients doivent avoir reçu une réanimation cardiopulmonaire par un témoin de l'arrêt cardiaque présent sur les lieux, pour éviter 1 décès, et que 112 doivent être traités par l'adrénaline pour éviter un décès.
cd/ab/APMnews

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