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Les transplantations de rein VIH+ chez des receveurs VIH+ seraient sans danger

WASHINGTON, 7 octobre 2019 (APMnews) - Les transplantations de rein de donneurs VIH+ à des receveurs VIH+ sont sans risque de superinfection, selon une étude sud-africaine publiée jeudi dans le New England Journal of Medicine (NEJM).
Philippe Selhorst de l'université du Cap en Afrique du Sud et ses collègues ont suivi 51 patients VIH+ ayant reçu des greffons rénaux de donneurs VIH+ morts.
Il résulte de leur suivi que ces greffons avaient une survie à 1 an de 96%, à 3 ans de 93% et à 5 ans de 79%. Les patients, eux, ont eu une survie à 1 an de 87%, à 3 ans de 87% et à 5 ans de 84%. Des résultats comparables aux taux de survie de patients VIH+ ayant reçu un rein de donneurs non infectés, aux Etats-Unis.
Les chercheurs ont analysé les séquences ADN du VIH dans les échantillons de 15 donneurs et 26 receveurs afin de s'assurer de l'absence d'une superinfection au VIH, c'est-à-dire l'acquisition pour un patient VIH+ d'une deuxième souche de VIH génétiquement distincte.
Une superinfection au VIH peut être dangereuse dans le cas où cette deuxième souche est résistante à un des médicaments de la trithérapie du receveur.
Il a été décelé dans le sang d'un seul receveur la présence de l'ADN viral du VIH de son donneur. Mais "des analyses poussées ont déterminé que c'était probablement des virus résiduels amenés du donneur pendant la transplantation et non une vraie superinfection maintenue", assure un communiqué de presse des National Institutes of Health (NIH) américains, qui ont cofinancé l'étude.
Les auteurs en concluent donc que leur étude "soutient la réalisation de transplantations rénales de donneurs VIH+ à des receveurs VIH+".
Le communiqué de presse des NIH rappelle que "jusqu'à récemment les personnes VIH+ étaient rarement éligibles à recevoir des transplants de donneurs séronégatifs car on s'attendait à de mauvais résultats cliniques".
En effet, dans une étude sur des données de 2006-2008, les patients VIH+ avaient 57% de chances en moins de se voir inscrire sur liste d'attente de transplantation rénale et leur taux de mortalité pré-inscription sur liste d'attente est multiplié par deux par rapport aux patients séronégatifs (cf dépêche du 07/03/2018 à 17:44).
Pourtant, comme le montrait une étude en 2016, les transplantés rénaux VIH+ présentent des taux de survie similaires aux autres transplantés, malgré un risque de rejet de greffe supérieur de 42% (cf dépêche du 11/02/2016 à 10:49).
Cette étude pourrait donc permettre d'étendre la réserve d'organes disponibles en ouvrant la greffe aux donneurs VIH+.
(New England Journal of Medicine, publication en ligne du 3 octobre)
eag/fb/ab/APMnews

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