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Des transplantations microbiennes pourraient guérir les vaginoses récurrentes

LONDRES, 7 octobre 2019 (APMnews) - Des transplantations de microbiotes vaginaux ont permis de soigner 4 femmes atteintes de vaginoses récurrentes, dans une étude israélienne publiée lundi dans Nature Medicine.
Ahinoam Lev-Sagie, du Hadassah-Hebrew University Medical Center à Jérusalem et ses collègues ont prélevé du liquide vaginal de 3 patientes en bonne santé, qu'ils ont dilué avec une solution saline avant de le transférer dans la cavité vaginale de 5 patientes.
Ces patientes étaient atteintes de vaginoses bactériennes sévères, ayant un impact sur leur vie intime, et récurrentes malgré des traitements aux antibiotiques.
Parmi ces 5 patientes, 4 ont connu une rémission durable de leur vaginose.
Deux patientes ont eu une amélioration clinique immédiate en une semaine après la première transplantation.
Deux autres patientes ont eu besoin de trois transferts de liquide vaginal afin d'obtenir une amélioration sur le long terme.
La dernière patiente a eu une rémission partielle après un transfert avant de connaître une rechute à la suite de la prise d'antibiotiques pour une pharyngite. Un nouveau transplant lui a permis néanmoins de maintenir une amélioration symptomatique partielle pendant 6,5 mois.
Des analyses métagénomiques ont permis aux chercheurs de noter que les améliorations cliniques des patientes se manifestaient par un changement de composition du microbiote vaginal, principalement caractérisé par une augmentation des représentants du genre Lactobacillus et une diminution des Bifidobacterium.
Selon les auteurs, l'étude démontre "la faisabilité d'utilisation des transplantations microbiennes vaginales pour le traitement des vaginoses bactériennes récurrentes, non réactives aux antibiotiques et intraitables".
Bien que n'ayant pas recensé d'effets indésirables durant leur étude, ils avertissent ne "pouvoir exclure complètement des risques potentiels", dont des complications obstétriques et gynécologiques.
Un des risques identifiés serait la survenue de grossesses non désirées au cas où, en même temps que la flore vaginale, on aurait transféré aussi du sperme dans le cas où la donneuse n'aurait pas suivi strictement la période d'abstinence sexuelle préalable au don.
Ils estiment par ailleurs que "la transplantation microbienne vaginale ne doit être envisagée que dans les cas où de multiples traitements ont échoué et où il y a une perturbation substantielle de la qualité de vie de la patiente due à des symptômes récurrents et intraitables".
(Nature medicine, publication en ligne du 7 octobre)
eag/fb/ab/APMnews

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