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Echec du bêtabloquant métoprolol en prévention des exacerbations de BPCO (essai clinique randomisé)

LA NOUVELLE-ORLEANS, 21 octobre 2019 (APMnews) - Le bêtabloquant métoprolol n'a pas démontré son efficacité à réduire le risque d'exacerbations chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) modérée à sévère dans un essai clinique randomisé contrôlé américain, dont les résultats sont publiés dimanche dans The New England Journal of Medicine (NEJM) pour coïncider avec leur présentation au congrès de l'American College of Chest Physicians (ACCP) à La Nouvelle-Orléans.
Des études observationnelles suggèrent que les bêtabloquants, médicaments principalement à visée cardiologique, pourraient avoir un effet bénéfique dans le traitement de la BPCO, notamment sur le risque d'exacerbations et de décès, mais sans avoir été prouvé jusqu'à présent dans un essai clinique contrôlé randomisé, rappellent le Dr Mark Dransfield de l'université de l'Alabama à Birmingham et ses collègues du groupe BLOCK COPD.
Dans cette étude académique financée par le département de la défense des Etats-Unis, les chercheurs ont inclus 532 patients de 40 à 85 ans (61 ans en moyenne), atteints d'une BPCO modérée à sévère, avec un volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS) de 41,1% de la valeur prédite.
Ces patients étaient considérés comme exposés à un risque accru d'exacerbations en raison au cours de l'année précédant l'inclusion, d'une corticothérapie ou une antibiothérapie systémique, d'un passage aux urgences ou d'une hospitalisation pour BPCO et/ou de la prescription d'une oxygénothérapie à domicile.
Ils ont été randomisés en double aveugle entre le métoprolol à 50 mg/j en comprimé et un placebo pour un an, le critère principal étant le délai de survenue de la première exacerbation au cours du suivi.
L'étude a été interrompue prématurément pour futilité en ce qui concerne à la fois le critère principal et les critères de sécurité.
Selon l'analyse des données, au moment de l'arrêt de l'étude, le délai médian de la première exacerbation était de 202 jours pour les patients traités par métoprolol et de 222 jours pour le groupe placebo, une différence qui n'était pas statistiquement significative.
Surtout, le métoprolol était associé de manière significative à un risque accru d'exacerbations nécessitant une hospitalisation du patient, avec un facteur de 1,9 par rapport au groupe placebo.
Au cours de la période de traitement, 11 patients sous métoprolol et 5 dans le groupe placebo sont décédés mais le risque de décès n'était pas augmenté de manière significative avec le bêtabloquant. La majorité des décès parmi les patients prenant le métoprolol étaient en lien avec la BPCO.
Globalement, les données de sécurité et de tolérance étaient similaires entre les deux groupes, mais 11,2% des patients sous métoprolol ont quitté l'étude à cause des effets indésirables, le plus souvent des symptômes respiratoires accrus, contre 6,1% dans le groupe placebo. L'incidence des effets indésirables était comparable dans les deux groupes.
Ces résultats indiquent que parmi les patients avec une BPCO modérée à sévère sans indication établie pour le métoprolol, ce bêtabloquant n'a pas démontré d'effet préventif sur les exacerbations par rapport à un placebo, concluent les patients.
Il reste toutefois à vérifier dans un essai clinique randomisé l'hypothèse d'un bénéfice des bêtabloquants chez les patients atteints à la fois de BPCO et d'une pathologie cardiaque comme une insuffisance cardiaque ou un infarctus du myocarde récent, ajoutent-ils.
(The NEJM, édition en ligne du 20 octobre)
ld/ab/APMnews

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