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L'Anses recommande la vigilance au sujet des compléments alimentaires à base de berbérine

MAISONS-ALFORT (Val-de-Marne), 25 novembre 2019 (APMnews) - L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) recommande à certaines populations d'éviter la consommation de compléments alimentaires à base de berbérine -utilisés pour réguler la glycémie et la cholestérolémie- et alerte sur la capacité de cette substance à interagir avec de nombreux médicaments, dans un avis publié lundi.
Les plantes à berbérine, un alcaloïde isoquinoléique, sont le plus souvent consommées sous forme de compléments alimentaires pour réguler la glycémie et la cholestérolémie, mais "aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour les plantes à berbérine ou pour les substances du groupe des alcaloïdes isoquinoléiques dans la réglementation européenne", pointe l'Anses.
L'agence sanitaire a été saisie le 12 avril 2018 par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour "établir les conditions les plus à même de garantir la sécurité d'emploi" de ces compléments alimentaires.
"En France, plusieurs plantes à berbérine sont commercialisées en tant que compléments alimentaires", note l'Anses dans son avis, précisant qu'"aucune dose journalière maximale en berbérine n’est définie pour ces plantes, mais [que] l'étiquetage doit comporter un avertissement déconseillant l'emploi de ces produits aux femmes enceintes".
L'analyse des données cliniques de la littérature a révélé "des effets pharmacologiques de la berbérine à partir de 400 mg/jour chez l’adulte, sur le système cardiovasculaire (effets sur la pression artérielle et le rythme cardiaque), nerveux (effets anticonvulsivants, antidépresseurs et analgésiques), immunitaires (effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs) ou encore sur le métabolisme (effets hypoglycémiants et hypolipidémiants)".
Pour l'Anses, cela signifie qu'à cette dose, "la berbérine agit comme un médicament et non plus comme un aliment".
En outre, l'agence n'exclut pas que de tels effets pharmacologiques puissent se produire à des doses inférieures, et recommande de fait la conduite d'études complémentaires pour identifier la dose minimale associée à la survenue de ces effets, en vue de définir la réglementation applicable aux produits à base de berbérine.
En l'absence d’études toxicologiques robustes sur le sujet, les experts de l'Anses n'ont pu établir une valeur toxicologique de référence (VTR) pour la berbérine. Ils ont de fait décidé de construire une valeur toxicologique indicative (VTi) temporaire (qui présente un niveau de confiance plus faible que la VTR mais peut néanmoins être utilisée pour l’évaluation d’un risque), correspondant à une dose de 0,1 mg par jour pour une personne de 60 kg.
Cette dose est "vraisemblablement dépassée pour un grand nombre de compléments alimentaires aujourd’hui sur le marché en France", pointe l'Anses, estimant que leur sécurité d'emploi ne peut de fait être garantie. En outre, ces compléments alimentaires peuvent entraîner des risques de troubles gastro-intestinaux, d’hypoglycémie et d’hypotension, rapporte l'agence.
Dans ce contexte, elle recommande aux enfants et adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes diabétiques et aux personnes souffrant de troubles hépatiques ou cardiaques de ne pas consommer de compléments alimentaires à base de berbérine.
Elle pointe aussi que "de nombreuses interactions médicamenteuses" ont été identifiées par les experts, et appelle par conséquent les professionnels de santé à "la plus grande vigilance" car la consommation de ces compléments alimentaires en parallèle d'un traitement médicamenteux "peut inhiber les effets ou conduire à des effets indésirables".
sb/ab/APMnews

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