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Plusieurs cas d'infection par le VIH chez des PrEPeurs observants, dans une étude de cohorte

WASHINGTON, 3 décembre 2019 (APMnews) - Plusieurs cas d'infection par le VIH ont été recensés chez des utilisateurs de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH, notamment chez deux PrEPeurs observants qui ont été contaminés par des virus présentant une mutation de résistance à l'emtricitabine, selon une étude de cohorte américaine publiée dans JAIDS.
La PrEP au VIH (ténofovir disoproxil fumarate + emtricitabine, Truvada*, Gilead et génériques) est autorisée aux Etats-Unis depuis juillet 2012 chez les adultes à haut risque, rappellent Puja Van Epps de la Western School of Medicine à Cleveland (Ohio) et ses collègues. Si ce traitement préventif est hautement efficace, des cas -rares- d'infection par le VIH ont été décrits chez des utilisateurs de la PrEP, notamment dans des configurations où l'observance était faible, ajoutent-ils.
Quelques cas de contamination ont malgré tout été recensés chez des PrEPeurs observants, la plupart du temps en lien avec une contamination par des virus résistants à l'emtricitabine, rappelle-t-on (cf dépêche du 11/12/2018 à 16:52).
Dans cette étude, l'objectif des chercheurs a été d'évaluer de façon rétrospective l'incidence du VIH sous PrEP (en continu) dans une large cohorte nationale, la Veterans Health Administration. C'est la première fois que ce travail est réalisé sur une cohorte nationale diversifiée, pointent-ils.
Ils ont identifié 825 personnes ayant initié une PrEP entre juillet 2012 et avril 2016. Il s'agissait essentiellement d'hommes (97%), 76% étant des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). L'âge médian était de 41 ans et la durée moyenne d'utilisation de la PrEP était de 8 mois.
Un total de 6 infections par le VIH ont été répertoriées sur la période d'étude, soit une incidence de 0,8 cas pour 100 personnes-années dans cette cohorte. Des données de surveillance obtenues par ailleurs par les Centers for Diseases Control and Prevention (CDC) avaient mis en évidence un taux d'infections de 4/100 personnes-années chez des HSH non PrEPeurs, note-t-on (cf dépêche du 07/03/2019 à 08:21)
Parmi ces six contaminations, quatre ont concerné des personnes peu observantes, qui avaient interrompu leur traitement pendant 4 à 162 jours.
En revanche, deux autres infections sont survenues chez des personnes ayant rapporté prendre activement la PrEP et dont l'observance, évaluée par les chercheurs, était de 100%. L'analyse génotypique a montré que chez ces deux patients, le virus était muté sur la transcriptase inverse (mutation M184V/I), lui conférant une résistance à l'emtricitabine.
Aucun patient n'a été infecté par un virus résistant au ténofovir disoproxil fumarate.
De cette étude menée en vie réelle sur une cohorte nationale, les chercheurs concluent que les infections par le VIH sous PrEP sont rares et qu'elles surviennent la plupart du temps lors de la prise irrégulière de ce traitement. Mais des infections chez des personnes hautement observantes sont tout de même constatées, notent-ils.
Selon eux, l'efficacité de la PrEP dépend à la fois de la capacité de persévérance des PrEPeurs pour la prise de leur traitement, et de l'identification des périodes à risque plus élevé de contamination.
(JAIDS, édition du 15 décembre 2019, vol. 82, n°5, p427-430)
sb/ab/APMnews

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