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La prise d'IPP augmente le risque de gastro-entérite aiguë

WASHINGTON, 9 décembre 2019 (APMnews) - La prise d'inhibiteurs de pompe à protons (IPP) augmente le risque de gastro-entérite aiguë durant la période épidémique, selon une étude française publiée par JAMA Network Open.
Ana-Maria Vilcu de l'université Paris Sorbonne et ses collègues ont utilisé la base de données Longitudinal Treatment Dynamics, alimentée par environ 7.000 pharmacies en France afin de scruter les prescriptions des patients durant l'hiver 2015-2016.
Grâce à ces données, ils ont pu estimer combien de patients avaient eu une gastro-entérite aiguë, à partir des prescriptions de médicaments pour cette pathologie (sels oraux de réhydratation, anti-émétiques, antidiarrhéiques probiotiques, antipropulsifs intestinaux, absorbants intestinaux, agents anti-infectieux intestinaux et agents antispasmodiques). Ont été exclus les patients présentant des médications indiquant d'autres pathologies pouvant requérir les mêmes médicaments comme les cancers ou une maladie inflammatoire intestinale.
De plus, ils ont identifié les patients ayant reçu une thérapie continue d'IPP au moins 30 jours avant la période épidémique de cinq semaines ou durant toute la période. L'épidémie a duré du 4 janvier au 7 février 2016.
Ont été identifiés 233.596 consommateurs d'IPP, qui ont été comparés à 626.887 non-consommateurs.
Au total, 3.131 épisodes de gastro-entérite aiguë ont été diagnostiqués chez les consommateurs d'IPP (soit 1,3%), et 4.327 chez les non-consommateurs d'IPP (0,7%).
Après ajustement pour l'âge, le sexe et le traitement des maladies chroniques les plus communes, une thérapie continue d'IPP était associée à un surrisque de 81% de gastro-entérite aiguë dans la population générale.
Dans la population des 45-64 ans, le risque était augmenté de 66%; dans la population des 65-74 ans, il était multiplié par 2,2 et dans la population des plus de 75 ans, il était augmenté de 98%.
Aucune association significative n'a été relevée pour les 0-14 ans ou les 15-44 ans, mais ces groupes ne représentaient que 5% de la population exposée aux IPP.
Chez 1.681 patients exposés aux antagonistes du récepteur H2, le risque de gastro-entérite aiguë était multiplié par 2,1 par rapport à 4.739 patients non exposés.
Les auteurs rappellent qu’"il a été montré que la consommation d'IPP induit des changements dans le microbiome gastrique et que les changements de microbiote peuvent affecter la pathogénèse des virus entériques". Une explication alternative est possible: "un effet direct de la suppression de l'acide gastrique sur le risque d'infections virales entériques est plausible, car la même association a été observée entre les antagonistes du récepteur H2 et la gastro-entérite aiguë".
"La moitié des prescriptions d'IPP continues sont inopportunes", commentent-ils. L'étude est donc "encore une autre raison de réexaminer les indications non nécessaires et non fondées sur des données pour une thérapie aux IPP. Tandis que des régions entrent dans la saison des infections virales entériques, cela pourrait être un moment opportun pour la réévaluation d'un besoin actuel d'une thérapie aux IPP chez les patients, en particulier les adultes plus âgés, et potentiellement déprescrire".
(JAMA Network Open, publication en ligne du 27 novembre)
eag/fb/nc/APMnews

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