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Retraites: la reconnaissance de la pénibilité sera une "avancée sociale majeure" pour la FPH (Agnès Buzyn)

PARIS, 16 décembre 2019 (APMnews) - La reconnaissance de la pénibilité de certains métiers, comme ceux d'aides-soignants ou d'infirmiers, dans le cadre de la réforme des retraites, constituera "une avancée sociale majeure", a assuré dimanche Agnès Buzyn, interrogée sur BFM TV.
"La porte du premier ministre est ouverte mais tous les ministres ont des concertations sectorielles à mener. Je travaille avec les syndicats sur la question de la fonction publique hospitalière et des professions libérales", a expliqué la ministre des solidarités et de la santé.
"Il y a beaucoup de choses à négocier, notamment la question de la pénibilité et de son ouverture à la fonction publique", a-t-elle souligné. "C'est vraiment une avancée sociale majeure, notamment pour la fonction publique hospitalière car cela veut dire qu'on va pouvoir donner des points de pénibilité aux aides-soignantes et aux infirmières qui travaillent de nuit", a-t-elle déclaré. "Je tiens à ce que le travail de nuit soit reconnu", a-t-elle insisté par la suite.
S'agissant plus spécialement des aides-soignants, elle a indiqué que le ministère avait "une attention particulière pour cette profession car elle est difficile, horriblement difficile". "On voit dans les Ehpad [établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes], on le voit à l'hôpital". "C'est une profession pénible avec des charges à porter, souvent en travail de nuit" et qui est "de moins en moins attractive".
Comme l'a annoncé mercredi Edouard Philippe, Agnès Buzyn a indiqué que le gouvernement souhaitait pour ces professionnels mener une concertation sur l’aménagement des secondes parties de carrière, par exemple pour leur proposer des "métiers moins pénibles que de soulever des malades" (cf dépêche du 11/12/2019 à 17:00 et dépêche du 12/12/2019 à 11:57).
"L’objectif est notamment d’aboutir à la mise en place d’un nouveau dispositif permettant le financement d’un temps partiel sans perte de revenu en fin de carrière pour les aides-soignantes qui le solliciteraient", avait précisé Matignon par la suite.
Globalement, Agnès Buzyn, qui a estimé qu'"il y aura beaucoup de monde dans la rue" mardi, a assuré que "les modalités pour arriver à l'équilibre" restaient "négociables".
Interrogée avec insistance sur un éventuel retrait de la mesure qui fixerait un âge "d'équilibre" (dit aussi âge pivot) à 64 ans en 2027, cette mesure suscitant la ferme opposition de la CFDT, la ministre a considéré que ce n'était pas "un débat" puisque "dans les faits, beaucoup de Français prennent leur retraite au-delà de 62 ans".
Ce sera à "la future gouvernance [du nouveau régime de retraite] de proposer des modalités pour arriver à un équilibre budgétaire, pour ne pas laisser de dette à nos enfants. Par défaut, nous proposerons un modèle dans la loi", a-t-elle expliqué.
Mais "aujourd'hui nous ne voyons pas comment sans cet âge d'équilibre [nous pourrons y parvenir]", a-t-elle affirmé.
Interrogée sur les blocages entraînés par les grèves dans les transports, la ministre a indiqué qu'elle avait "une pensée particulière pour les personnels soignants qui sont obligés d'être présents" dans leur établissement et "ne peuvent pas être en télétravail" mais qui ont des très grosses difficultés pour s'y rendre", avec "parfois 3 heures de trajet".
Elle a appelé à "une trêve de Noël".

Jean-Paul Delevoye "de bonne foi"

Agnès Buzyn s'est par ailleurs employée à défendre Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé de piloter la réforme des retraites, fragilisé par des révélations le concernant. Au moment de sa nomination comme membre du gouvernement, en septembre, Jean-Paul Delevoye a omis de déclarer 13 mandats d'administrateurs, dont la plupart sont à titre bénévole mais certains donnent lieu à rémunération.
Agnès Buzyn qui a remarqué que Jean-Paul Delevoye s'était "retrouvé projeté ministre alors qu'il était en pleine consultation et concertation avec les syndicats" (cf dépêche du 03/09/2019 à 18:54), s'est dit "certaine que le haut-commissaire est de bonne foi" et qu'il était "un homme sincère".
"Ce qui compte c'est qu'il rembourse", a poursuivi la ministre.
"La haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) rendra son avis la semaine prochaine. Nous verrons bien ce qu'elle dit", a-t-elle ajouté.

Agnès Buzyn assure rencontrer tous les représentants hospitaliers

Agnès Buzyn a été interrogée par ailleurs sur une tribune publiée par le Journal du dimanche, dans laquelle 660 médecins menacent de démissionner de leurs fonctions de chef de service ou de responsable d'unité de soins si la ministre n'ouvre pas de "réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l'hôpital public".
Ils préviennent aussi que lorsqu’ils seront 1.000 signataires, ils lui adresseront une lettre pour "lui enjoindre d'ouvrir les négociations avec le CIH [collectif inter-hôpitaux]".
En réponse, Agnès Buzyn a rappelé toutes les mesures budgétaires qu'elle avait prises pour "redonner de l'air" aux hôpitaux pour "faire en sorte que les personnels aient envie d'y travailler".
Elle a aussi rappelé qu'une partie de la dette des hôpitaux serait reprise par l'Etat.
Elle a assuré qu'elle rencontrait les représentants hospitaliers, "les élus", "les syndicats", "les fédérations hospitalières", "les syndicats de praticiens hospitaliers", sans toutefois mentionner le CIH.
"Je suis des leurs (...) Et ce que je suis en train de faire va sauver l'hôpital", a-t-elle affirmé.
san/sl/APMnews

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