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Meilleur développement cognitif pour les enfants nés de femmes traitées par anti-épileptiques prenant des folates

WASHINGTON, 7 janvier 2020 (APMnews) - Les enfants nés de femmes traitées par anti-épileptiques présentent un meilleur développement cognitif à 3 et 6 ans lorsque leur mère ont pris des folates lors de la période périconceptionnelle, selon des données anglo-américaines.
En population générale, une supplémentation en folates (ou acide folique ou vitamine B9) est recommandée à toutes les femmes qui ont un projet de grossesse pour prévenir la survenue de malformations congénitales, notamment un spina bifida. Cet apport semble également favoriser le développement neurocognitif des enfants, rappellent le Pr Kimford Meador de l'université de Stanford (Californie) et ses collègues dans Neurology.
Chez les femmes épileptiques, la prise d'un traitement peut poser problème au cours de la grossesse car plusieurs médicaments peuvent provoquer des malformations et/ou des troubles neurodéveloppementaux. Des études ont été menées pour évaluer l'effet protecteur des folates contre ces risques mais les résultats restent contradictoires.
Dans cette étude, ils ont examiné les données des enfants suivis dans le cadre de la cohorte NEAD (Neurodevelopemental Effects of Antiepileptic Drug), étude prospective observationnelle dans laquelle les évaluations sont réalisées en aveugle.
Initialement, seules des femmes enceintes sous traitement anti-épileptique en monothérapie (carbamazépine, lamotrigine, phénytoïne ou valproate) ont été inclues dans 25 centres au Royaume-Uni et aux Etats-Unis et 311 enfants ont été suivis et évalués à 3 et 6 ans sur l'échelle de quotient intellectuel FSIQ et à l'aide de différents tests neuropsychologiques.
L'analyse des données, ajustées sur les facteurs potentiels de confusion (QI maternel, type d'anti-épileptique, dose standardisée, âge gestationnel à la naissance...), indique de meilleurs scores sur la FSIQ chez les enfants dont la mère a pris des folates au cours de la période périconceptionnelle, avec une moyenne des moindres carrés de 100 points à 3 ans puis de 107 points à 6 ans, contre respectivement 95 et 101 points dans le groupe d'enfants non exposés aux folates.
Des résultats significatifs sont associés aux folates en particulier à 6 ans sur les indices d'expression non verbale, de langage, de fonction exécutive.
Un effet est également observé sur d'autres mesures mais non significatif sur le plan statistique.
Globalement, sept sur les 13 mesures des fonctions cognitives réalisées présentent des résultats significatifs à 3 et 6 ans chez les enfants nés de mères ayant pris des folates au cours de la période périconceptuelle, ce qui est "cliniquement significatif" pour les chercheurs.
Ces résultats sont en faveur d'une supplémentation en folates chez les femmes anti-épileptiques, concluent-ils. Ils estiment par ailleurs qu'en raison de la part importante des grossesses qui sont programmées (environ la moitié en population générale), il est essentiel d'informer les femmes en âge de procréer sur l'intérêt des folates et d'encourager la supplémentation, en particulier si elles sont atteintes d'épilepsie.
(Neurology, édition en ligne du 23 décembre)
ld/ab/APMnews

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