dépêche

 - 

Un cancer de la vessie sur 20 en Europe serait lié aux sous-produits de chloration de l'eau potable

WASHINGTON, 20 janvier 2020 (APMnews) - La part de cancers de la vessie attribuables à une exposition aux sous-produits de chloration dans l'eau destinée à la consommation humaine serait de 4,9% en Europe, soit plus de 6.500 cas par an, selon une étude publiée dans Environmental Health Perspectives.
Les trihalométhanes sont des sous-produits de chloration qui se forment lors d'une interaction avec la matière organique soluble présente dans l'eau, et qui sont fréquemment retrouvés dans les eaux destinées à la consommation humaine. Parmi les trihalométhanes figurent le chloroforme, le bromodichlorométhane, le dibromochlorométhane ou encore le bromoforme.
L'exposition à long terme aux trihalométhanes a été associée de façon reproductible à un risque augmenté de cancer de la vessie, rappellent Iro Evlampidou du Barcelona Institute for Global Health en Espagne et ses collègues (dont des chercheurs de l'université de Rennes et de Santé publique France).
Dans cette étude, ils ont évalué l'exposition des populations européennes aux trihalométhanes par la mesure des niveaux retrouvés dans l'eau destinée à la consommation humaine, et ont estimé le fardeau associé en matière de cancers de la vessie.
Les données pour la période 2005-2018 ont été collectées dans 26 pays européens (soit tous les pays de l'Union européenne sauf la Bulgarie et la Roumanie) et concernaient les trois quarts des habitants de ces pays.
Le taux moyen de trihalométhanes retrouvés dans l'eau potable en Europe était de 11,7 µg/L, ce qui est inférieur à la limite maximale admissible européenne de 100 µg/L. Mais les concentrations maximales relevées étaient supérieures à ce seuil dans 9 pays (Chypre, Estonie, Hongrie, Irlande, Italie, Pologne, Portugal, Espagne et Royaume-Uni), allant jusqu'à 439 µg/L en Espagne et 771 µg/L en Hongrie.
En France, la concentration moyenne relevée entre 2005 et 2011 à partir de plus de 88.000 prélèvements était de 11,7 µg/L, mais il n'y avait pas d'information quant au minimum et au maximum.
Les chercheurs ont estimé que la part de cancers de la vessie attribuables à une exposition aux trihalométhanes dans l'eau était de 4,9% en Europe, ce qui représente 6.561 cas de cancers de la vessie chaque année.
Cette part variait de 0,01% au Danemark à 23% à Chypre. En France, elle était de 4,6%, soit 737 cancers sur les 16.161 cas de cancers de la vessie rapportés en 2016.
Les chercheurs ont calculé que si aucun des pays européens n'excédait l'actuelle concentration moyenne européenne en trihalométhanes dans l'eau, 2.868 cancers de la vessie pourraient être évités chaque année.
"Des efforts ont été faits pour réduire les taux de trihalométhanes dans l'Union européenne. Cependant, en admettant une association causale, les niveaux actuels observés dans certains pays semblent toujours peser pour beaucoup dans le fardeau des cancers de la vessie", pointent les auteurs. "Ils pourraient potentiellement être évités notamment en optimisant le traitement de l'eau, la désinfection et les pratiques de distribution."
(Environmental Health Perspectives, publication en ligne du 15 janvier)
sb/ab/APMnews

[SB8Q4735F]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi