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Echec de deux anticorps monoclonaux de Lilly et Roche dans une forme familiale de maladie d'Alzheimer

INDIANAPOLIS (Indiana), BALE, 10 février 2020 (APMnews) - Les anticorps monoclonaux dirigés contre le peptide amyloïde solanézumab de Lilly et ganténérumab de Roche n'ont pas atteint le critère principal d'évaluation dans un essai clinique de phase II/III dans une forme familiale de maladie d'Alzheimer, ont annoncé les deux laboratoires, lundi dans des communiqués séparés.
Sur la base des résultats pour le critère principal, Lilly a annoncé qu'"à l'heure actuelle, [il] ne prévoit pas de poursuivre la soumission [d'un dossier] pour le solanézumab chez les personnes avec une maladie d'Alzheimer précoce à transmission autosomique dominante".
En revanche, Roche a indiqué qu'il "mène des analyses supplémentaires pour comprendre la totalité des données sur le ganténérumab" et estimé qu'il n'est pas possible de formuler "des conclusions fermes sur l'impact [de son produit] dans la maladie d'Alzheimer à transmission autosomique dominante".
Le solanézumab et le ganténérumab étaient tous les deux évalués séparément, en double aveugle contre placebo, dans le même essai clinique, DIAN-TU-001, qui était mené avec la faculté de médecine de l'université de Washington.
Pour cette étude internationale de prévention primaire, les deux laboratoires et leur partenaire ont inclus 197 personnes porteuses d'une mutation génétique connue pour entraîner cette forme familiale de maladie d'Alzheimer ou ignorantes de leur statut génétique mais avec des cas dans leur famille.
Ces participants ont été suivis jusqu'à 7 ans, avec un suivi moyen de 5 ans. Le critère principal d'évaluation était le DIAN-MCE, un nouveau critère composite de la fonction cognitive avec quatre tests neuropsychologiques (WMS-R LM, ISLT, DSST et MMSE), qui a été mesuré après au moins 4 ans de traitement.
Ce critère principal n'a pas été atteint pour le solanézumab et les analyses se poursuivent pour les critères secondaires et les biomarqueurs, a indiqué le groupe américain. Les résultats n'ont pas mis en évidence un ralentissement significatif du taux du déclin cognitif chez les personnes recevant le ganténérumab, a précisé pour sa part le laboratoire suisse.
Lilly, qui ne fournit aucun élément sur les données de sécurité et de tolérance dans ce communiqué, a ajouté que les résultats sur le critère DIAN-MCE n'ont pas d'impact sur l'étude A4 en cours qui évalue le solanézumab dans le traitement de personnes asymptomatiques à risque de maladie d'Alzheimer sporadique, c'est-à-dire avec une accumulation de peptide amyloïde dans le cerveau visible par tomographie par émission de positons (TEP) et sans mutation génétique.
De son côté, Roche a indiqué que le profil de sécurité du ganténérumab dans cette étude était globalement cohérent avec ce qui avait été observé dans de précédentes études, sans nouveau risque identifié, et que les deux autres phases III en cours évaluant l'anticorps monoclonal dans la forme la plus fréquente de maladie d'Alzheimer se poursuivaient.
Les données détaillées de l'étude DIAN-TU-001 seront présentées au congrès AAT-AD/PD sur les avancées dans les traitements dans les maladies d'Alzheimer et Parkinson, qui doit se tenir du 2 au 5 avril à Vienne, ont ajouté les deux laboratoires.
Pour Lilly, l'échec du solanézumab dans cette forme familiale de la maladie d'Alzheimer s'ajoute à une suite de déconvenues, en 2012 puis en 2016 dans le programme de phase III EXPEDITION dans les formes légères à modérées de la maladie d'Alzheimer sporadique (cf dépêche du 23/11/2016 à 13:39). Le groupe américain avait également abandonné le développement avec AstraZeneca, en 2018, du lanabécestat, un inhibiteur de bêta-sécrétase (BACE), note-t-on.
Le laboratoire continue de rechercher un nouveau traitement pour la maladie d'Alzheimer, avec notamment deux molécules en phase II, selon le pipeline disponible sur son site internet: le donanémab dirigé contre le peptide amyloïde et le zagoténémab dirigé contre la protéine tau.
De son côté, Roche avait également essuyé un échec avec le ganténérumab en phase III dans la maladie d'Alzheimer sporadique au stade prodromique en 2014 (cf dépêche du 19/12/2014 à 10:21) et interrompu un programme de phase III sur le crénézumab (avec AC Immune) dans la forme sporadique précoce début 2019 (cf dépêche du 30/01/2019 à 10:14), rappelle-t-on.
Mais l'évaluation du crénézumab se poursuit dans la forme autosomique dominante en phase II et un autre anticorps monoclonal ciblant la protéine tau, le sémorinémab, est également en phase II dans la forme sporadique, a indiqué le laboratoire suisse dans son communiqué.
ld/ab/APMnews

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