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La réforme du "non substituable" inquiète les allergologues

LA ROCHELLE, 24 février 2020 (APMnews) - Le Syndicat français des allergologues (Syfal) a exprimé dans un communiqué diffusé vendredi ses inquiétudes sur la réforme du "non substituable", qui risque selon eux d'augmenter inutilement le recours à des tests d'allergie aux excipients des médicaments génériques par des patients ne souhaitant pas s'en voir prescrire.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (LFSS) a introduit de nouvelles règles d'utilisation de la mention "non substituable" sur les ordonnances comportant des médicaments génériqués.
Des arrêtés à la loi ont précisé les situations pour lesquelles médecins et pharmaciens peuvent s'opposer à la substitution de la spécialité prescrite au sein de son groupe générique. L'une d'elle concerne le cas où le patient présente une contre-indication formelle (CIF) et démontrée à un excipient à effet notoire présent dans tous les médicaments génériques disponibles et lorsque le médicament de référence correspondant ne comporte pas cet excipient (cf dépêche du 21/11/2019 à 16:43 et dépêche du 19/11/2019 à 10:57).
Cette réforme est entrée en vigueur le 1er janvier et, déjà, des allergologues auraient rapporté des demandes de patients souhaitant être testés à ces allergènes pour ne pas avoir à prendre de génériques, a indiqué lundi à APMnews Isabelle Bosse, présidente du Syfal.
"J'ai reçu des mails d'une trentaine de collègues qui me demandent ce qu'il faut faire"', a-t-elle rapporté, sans pouvoir chiffrer plus précisément la hausse de ces demandes.
Le Syfal rappelle dans son communiqué que "très peu d'excipients sont à effets notoires et que les allergies aux excipients sont exceptionnelles". Il préconise de ne réaliser un test que dans le cas où un patient aurait eu une réaction de nature allergique à un médicament générique, constatée cliniquement par un médecin.
"Il existe une quinzaine d'excipients à effet notoire mais ils sont à effet infinitésimale. On est très loin des quantités qui déclencheraient une allergie, sauf dans des cas extrêmement rares. Il n'existe d'ailleurs pas d'allergie à la plupart des excipients", a expliqué Isabelle Bosse. Le lactose, par exemple, peut être la cause d'intolérance, "ce qui n'est pas un motif de contre-indication", selon l'allergologue.
Le syndicat préconise donc de "refuser la réalisation de tests qui n’ont pas de justification scientifique". "Sinon cela risque de coûter très cher pour pas grand-chose", a prévenu Isabelle Bosse.
mjl/eh/APMnews

[MJL2Q61ZNJ]

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