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L'implant de carmustine pourrait allonger la survie globale chez les patients atteints d'un gliome de haut grade

PARIS, 16 mars 2020 (APMnews) - L'implant de carmustine (Gliadel*, MGI Pharma) semble allonger la survie globale chez les patients atteints d'un gliome de haut grade nouvellement diagnostiqué, selon une étude présentée au congrès Adelf-Emois (Association des épidémiologistes de langue française-Evaluation, management, organisation, information, santé), qui s'est tenu par visioconférence en fin de semaine dernière à Paris.
En France, l'implant de carmustine a été autorisé en 1998 en traitement d'appoint de la chirurgie et de la radiothérapie chez les patients avec un gliome malin de haut grade nouvellement diagnostiqué. Son usage a cependant été limité par des incertitudes concernant son efficacité et un risque d'infections associées, ainsi que son leur coût élevé, rappellent Charles Champeaux du Centre de recherche en épidémiologie et en statistique (UMR 1153 université de Paris/Inserm) à Paris et ses collègues dans le résumé de leur communication orale.
Ils ont voulu décrire l'épidémiologie de l'implantation de carmustine, rechercher des complications associées et étudier la survie à long terme ainsi que des facteurs pronostiques. Pour cela, ils ont utilisé le programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) entre 2010 et 2018.
Sur cette période, ils ont identifié 1.659 patients pris en charge par implant de carmustine dans 90 établissements. L'âge médian à l'implantation était de 61 ans, les hommes étaient surreprésentés (63,5%) et 29,6% avaient déjà été diagnostiqués pour un gliome.
Le délai médian entre la première intervention pour gliome et l'implantation de carmustine était de 0,9 ans. Le lobe frontal était la localisation la plus fréquente (29,5%).
Au cours des trois premiers mois postopératoires, 73 patients ont été réopérés (4,4%), dont 65 pour une infection du site opératoire. A un an, 513 patients (30,9%) étaient décédés.
La survie globale médiane était de 1,4 an. Les taux de survie globale à un an étaient de 65,9% et à deux ans, de 32,1%.
Le sexe masculin et l'âge à l’implantation étaient associés à une amélioration de la survie globale.
Les patients pris en charge pour une récidive de gliome avaient un moins bon pronostic, avec un risque de décès de 1,4 par rapport aux cas nouvellement diagnostiqués.
La survenue d'une infection ou d'un saignement intracrânien postopératoire entraînant une réintervention n'étaient pas associés à une diminution de la survie globale.
Ces résultats, comparés à de précédentes données de la littérature, suggèrent que l'implantation de carmustine dans les gliomes de haut grade pourrait améliorer la survie globale. Cette amélioration serait plus marquée chez patients qui ont aussi reçu une radio-chimiothérapie adjuvante, concluent les chercheurs.
ld/ab/APMnews

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