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Covid-19 et maladie cardiovasculaire: IEC et ARA-2 ne doivent pas être arrêtés (sociétés savantes)

WASHINGTON, 23 mars 2020 (APMnews) - Les sociétés savantes américaines recommandent de ne pas arrêter les traitements par antagonistes du système rénine-angiotensine-aldostérone (RAAS) chez les patients recevant ces traitements pour une insuffisance cardiaque, une hypertension ou une cardiopathie ischémique, dans le contexte de l'épidémie de Covid-19.
Dans un communiqué publié la semaine dernière, l'American Heart Association (AHA), la Heart Failure Society (HFS) et l'American College of Cardiology (ACC) ont voulu répondre aux inquiétudes concernant l'utilisation des antagonistes de RAAS en contexte Covid-19, afin de "dissiper la désinformation circulant autour de l'utilisation des IEC et ARA-2 chez les patients atteints de Covid-19".
Les données disponibles actuellement suggèrent que les patients atteints de maladie cardiovasculaire pourraient avoir un risque plus élevé de complications graves, notamment de décès lié au Covid-19, rappellent-ils.
Les récepteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine sont des sites de liaison des virions Sars-CoV-2 dans les poumons. Or des travaux chez l'animal ont montré que la perfusion d'IEC et d'ARA-2 augmentait le nombre de récepteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine dans la circulation cardiopulmonaire.
Les patients sous IEC ou ARA-2 auraient ainsi davantage de récepteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine dans leurs poumons, autant de portes d'entrée supplémentaires du virus, et pourraient donc être à risque accru d'évolution sévère de l'infection par le Sars-CoV-2, selon l'hypothèse émise par James Diaz de la Louisiana State University New Orleans School of Public Health, dans une lettre publiée le 18 mars dans le Journal of Travel Medicine.
Il souligne que son hypothèse est soutenue par une analyse descriptive de 1.099 patients atteints de Covid-19 en Chine, entre le 11 décembre 2019 et le 29 janvier 2020. Cette analyse a montré une évolution plus grave de la maladie chez les patients atteints d'hypertension, de maladie coronaire, de diabète ou de néphropathie chronique. "Tous les patients avec ces diagnostics répondaient aux indications recommandées de traitement par IEC ou ARA-2", note-t-il.
Mais selon les dernières recherches que les sociétés savantes américaines ont analysées, "les preuves ne confirment pas la nécessité d'arrêter les IEC ou ARA-2", note Robert Harrington, président de l'AHA.
Les 3 organisations recommandent la poursuite des inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) ou des antagonistes des récepteurs de l'angiotensine 2 (ARA-2) chez "tous les patients chez qui ils sont déjà prescrits dans des indications telles qu'insuffisance cardiaque, hypertension ou cardiopathie ischémique".
Elles préconisent également aux médecins de prendre en compte les besoins individuels de chacun de leurs patients avant toute modification de leur traitement par IEC ou ARA-2.
"Il n'existe pas de données expérimentales ou cliniques démontrant des effets bénéfiques ou délétères chez les patients atteints de Covid-19 utilisant des ICE ou ARA-2", souligne Richard Kovacs, président de l'ACC.
De son côté, le Centre d’excellence européen Unité d’hypertension artérielle et de médecine vasculaire - Centre de compétence des maladies vasculaires rares et le service de cardiologie rythmologie et hypertension de l’hôpital de la Timone, à Marseille (AP-HM), déclarent également, dans un communiqué lundi, que "l’hypertension artérielle ne prédispose pas au Covid-19".
"Une augmentation de la mortalité chez les hypertendus atteints de Covid-19 est observée, mais cette gravité pourrait être liée à l’âge plus élevé de ces patients", notent-ils.
"Aucune preuve scientifique [ne] permet, actuellement, de conclure que l’infection par Covid-19 est plus importante chez les patients prenant un traitement antihypertenseur notamment les [IEC] et les [ARA-2]. Il n’est donc pas recommandé, pour les patients traités par IEC ou sartan, de modifier ou d’arrêter le traitement en dehors d’un avis médical".
Ils prévoient de communiquer prochainement "en fonction de l’état d’avancement des connaissances sur ce sujet".
L'auteur de la lettre publiée la semaine dernière, James Diaz, recommande lui aussi, malgré son hypothèse, que les patients sous IEC et ARA-2 pour des maladies cardiovasculaires poursuivent leur traitement, mais qu'ils évitent les contacts et les rassemblements afin de réduire leurs risques d'infection.
cd/ab/APMnews

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