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Coronavirus: le HCSP recommande de ne pas utiliser l'hydroxychloroquine "à l'exception de formes graves" (Olivier Véran)

PARIS, 23 mars 2020 (APMnews) - Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a recommandé de ne pas utiliser l'hydroxychloroquine "à l'exception de formes graves hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte", a annoncé lundi le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran.
Alors que la pression de l'opinion publique s'intensifie autour d'un traitement par hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19, Olivier Véran a annoncé lundi se "ranger derrière l’avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP)" qui s'est réuni ce même jour, "avec sept sociétés savantes", pour statuer sur la question des nouveaux traitements disponibles pour les malades du coronavirus.
Le HCSP a d'abord "incité les médecins à inclure le plus possible de malades dans les différents essais thérapeutiques en cours, car c'est le moyen de déterminer rapidement si un traitement est efficace ou s'il ne l'est pas", a rapporté le ministre.
"Il s'est prononcé spécifiquement, sur la question de l'hydroxychloroquine, pour ne pas utiliser ce traitement à l'exception de formes graves hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte", a-t-il annoncé.
"Le HCSP exclut tout prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères".

Un arrêté pour encadrer l'utilisation hors AMM de chloroquine

"Suivant cet avis scientifique, je prendrai dans les prochaines heures un arrêté venant encadrer l'utilisation hors autorisation de mise sur le marché (AMM), c'est-à-dire en dehors des autorisations de commercialisation des médicaments pour hydroxychloroquine. Il sera donc désormais accessible aux équipes médicales hospitalières qui le souhaitent: pour des malades hospitalisés avec des formes sévères et sur décision collégiale des médecins", a-t-il complété.
"Faisons confiance à nos chercheurs, faisons confiance à nos médecins, tous mobilisés pour trouver un remède. Je rappelle, par ailleurs, que d'importantes études cliniques portant sur 3.200 malades en Europe dont 800 en France, sont en cours pour déterminer le ou les traitements les plus efficaces et les rendre accessibles sans délai aux Français", a rappelé Olivier Véran.
Pour rappel, cinq premiers CHU français participent à l'essai clinique qui devrait à terme impliquer une vingtaine d'établissements sur le territoire national (cf dépêche du 23/03/2020 à 09:58).
"Ces études avancent, elles sont indispensables en France -comme dans le reste du monde- pour soigner les malades avec la meilleure efficacité sans jamais les mettre en danger. Dès que je disposerai de données issues des études cliniques, qui permettront une évolution du cadre réglementaire de prescription des médicaments, je le ferai savoir aux Français en toute transparence, de manière à les rendre accessibles", s'est également engagé le ministre des solidarités et de la santé.
Pour l'heure, en France, une étude a fait monter la pression ces derniers jours. Evaluant l'hydroxychloroquine chez les patients atteints de Covid-19, elle a été coordonnée par le Pr Raoult et publiée par l'institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection à Marseille le 20 mars.
Sur 26 patients, seulement 14 patients ont reçu ce médicament (Plaquenil*, Sanofi) seul, a-t-on appris dans la publication, rendant les conclusions de l'étude difficiles à évaluer (cf dépêche du 20/03/2020 à 11:22). L'essai clinique a été conduit en ouvert sans randomisation, note-t-on aussi.
En place et lieu du directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a également fait le point sur la situation épidémiologique en France. Ainsi, le nombre total de cas confirmés d'infections par le Sars-CoV-2 recensés depuis fin janvier sur le territoire national est de 19.856 lundi.
C'est 3.176 cas de plus en l'espace de 24 heures et on dénombre 860 décès au total, 186 de plus que la veille. Le ministre a annoncé 2.082 cas graves en réanimation, "soit 335 personnes de plus qu'hier", a-t-il souligné.
wz/fb/APMnews polsan-une

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