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Le risque de lymphome chez les patients VIH+ augmenté par le VHC

WASHINGTON, 9 avril 2020 (APMnews) - Le risque de lymphome non hodgkinien chez les patients VIH+ est augmenté quand ils sont aussi porteurs du virus de l'hépatite C (VHC), selon une étude observationnelle française publiée dans AIDS.
Le virus de l'hépatite B (VHB) pourrait quant à lui augmenter le risque de lymphome de Hodgkin mais dans la cohorte étudiée l'augmentation n'atteignait pas le seuil de significativité statistique.
Caroline Besson du centre hospitalier de Versailles au Chesnay (Yvelines) et ses collègues de la French Hospital Database on HIV (FHDH-ANRSCO4) ont étudié la cohorte Lymphovir-ANRS-CO16 en s'intéressant spécifiquement à la présence de ces deux virus hépatiques, connus pour augmenter le risque de lymphome chez les personnes non infectées par le VIH.
Ils ont étudié 179 patients VIH+ dont 69 présentaient une maladie de Hodgkin et 110 un lymphome non hodgkinien.
Le VHC était retrouvé significativement plus fréquemment chez les patients qui présentaient un lymphome non hodgkinien: 26% étaient VHC+, comparé à 14% des patients VIH+/VHC-.
De plus, les lymphomes non hodgkiniens associés au VHC chez ces patients VIH+ avaient un risque d'évolution péjorative augmenté: leur survie à 2 ans s'élevait à 72%, contre 82% pour ceux qui n'étaient pas associés au VHC.
Le VHC ne semblait pas associé à la maladie de Hodgkin.
Pour le VHB, il n'y avait pas d'association avec le lymphome non hodgkinien, la prévalence de l'infection chronique par ce virus étant de 5% contre 7% chez les patients sans lymphome. En revanche, la prévalence montait à 14% chez les patients présentant une maladie de Hodgkin; ce n'était pas statistiquement significatif mais approchait la limite de la significativité.
Le VHB ne modifiait pas le pronostic des lymphomes qui lui étaient associés.
"Globalement, ces résultats mettent en évidence l'évolution de l'épidémiologie des lymphomes associés au VIH à l'ère des associations antirétrovirales", commentent les auteurs.
Ils notent que le contrôle de la virémie par le traitement antirétroviral, en améliorant le système immunitaire et notamment la coopération entre lymphocytes T et B, pourrait favoriser la lymphomagénèse induite par le VHC, phénomène supposé résulter d'une stimulation antigénique chronique.
(AIDS, vol. 34, N4, p599-608)
fb/nc/APMnews

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