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Coronavirus: quoi de neuf depuis mardi? (synthèse)

PARIS, 17 avril 2020 (APMnews) - Face à une actualité riche et inédite, APMnews propose à ses lecteurs, deux fois par semaine, le mardi (cf dépêche du 14/04/2020 à 21:33) et le vendredi soir, un retour sur l’essentiel des informations liées à l’épidémie de Covid-19 des jours précédents, pour offrir une vue d'ensemble en quelques minutes.
En vigueur depuis un mois, le confinement commence à produire ses premiers effets. L'épidémie reste toutefois très active sur le territoire, avec d'importants besoins hospitaliers. Vendredi soir, 31.190 personnes étaient hospitalisées, soit 115 de moins que la veille, et 6.027 étaient en réanimation, correspondant à un recul de 221. Il s’agit du troisième jour consécutif de baisse pour le premier paramètre et du neuvième pour le second, a indiqué le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon.
Depuis le 1er mars, 18.681 décès ont été dénombrés (+761 en 24 heures), dont 11.478 en milieu hospitalier et 7.203 dans les établissements sociaux et médico-sociaux, dont ceux accueillant des personnes âgées dépendantes (Ehpad), durement touchés par l'épidémie.
A la demande du président de la République, Emmanuel Macron, le gouvernement travaille sur un déconfinement progressif à partir du lundi 11 mai, date à laquelle les établissements scolaires et les crèches devraient commencer à rouvrir, notamment. Les personnes âgées et les plus fragiles, en revanche, devraient rester confinées.
Si le chef de l’Etat a annoncé lundi 13 avril que le plan de "l’après 11 mai" serait présenté "d’ici 15 jours" par le gouvernement, le premier ministre, Edouard Philippe, s’est montré plus flou. "J’aurai l’occasion de le présenter quand il sera prêt, largement avant la date du 11 mai", a-t-il déclaré mardi. Plusieurs ministres ont de leur côté tenté de nuancer les propos d'Emmanuel Macron, soulignant que le 11 mai était un objectif plutôt qu’une certitude.
Signe de la volonté de reprendre en main la communication gouvernementale, Edouard Philippe et son ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, doivent s’exprimer dimanche après-midi lors d’une conférence de presse.
De nombreuses questions restent en suspens s'agissant de la sortie du confinement, d'autant que des inconnues demeurent sur les possibilités de réinfection. Entre 5% et 10% de la population auraient contracté le Covid-19, selon les régions.
Mercredi lors d’une audition au Sénat, le Pr Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique chargé de conseiller le gouvernement sur la gestion de l’épidémie, a indiqué qu’environ 18 millions de personnes "à risque d'être contaminées" resteront confinées après le 11 mai. Cela concernera notamment les personnes âgées "au-dessus de 65 ou de 70 ans", a-t-il avancé, sans se prononcer sur les conditions ou la durée de ce confinement prolongé.
Le Pr Delfraissy a souligné que la situation ne changera pas du tout au tout le 11 mai. "Il faut faire extrêmement attention à ça, sinon le virus peut repartir", a-t-il prévenu mercredi à l’Assemblée nationale. "On ne pourra entrer dans la période post-confinement que lorsqu’il y aura un certain nombre de mesures et de prérequis: utilisation des masques, nombre de tests... S’il n’y a pas ces prérequis, il faudra aller plus loin que le 11 mai."
Alors que la Commission européenne souhaite que le déconfinement se fasse de manière coordonnée entre les Etats membres (ce qui n’est pas le cas actuellement), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a listé en début de semaine six conditions nécessaires à une sortie de confinement. Elle considère notamment qu’il faut que "les systèmes sanitaires soient prêts à détecter, tester, isoler et traiter tous les cas de Covid-19 et tracer chaque contact".
Ce sera la stratégie de la France à partir du 11 mai, a répondu jeudi le DGS, alors que les capacités de tests virologiques restent faibles (environ 21.000 tests PCR par jour) mais augmentent progressivement (objectif de 50.000 d’ici la fin du mois). Avant le 11 mai, les tests seront réservés aux personnes âgées, aux soignants et aux plus fragiles, avec en particulier d'importantes opérations de dépistage en Ehpad.
Pour tracer les contacts des cas positifs, le gouvernement travaille une application, StopCovid, dont les contours se dessinent. Le signalement des personnes positives pourrait notamment être soumis au contrôle préalable d'un professionnel de santé. Le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O, a indiqué vendredi à l'Assemblée nationale que l'application "ne sera pas encore prête lorsqu'elle sera débattue au Parlement les 28 et 29 avril".

Une prime pour le personnel hospitalier

Côté soignants, le gouvernement a annoncé mercredi qu'une prime de 1.500 euros serait versée au personnel des hôpitaux dans les départements les plus touchés par l'épidémie, ainsi qu'au personnel des services ayant accueilli des cas de Covid-19 sur tout le territoire. Le montant de la prime, qui sera exempte de fiscalité et de cotisations sociales, sera de 500 euros pour tous les autres personnels hospitaliers.
Les heures supplémentaires effectuées à l'hôpital pendant la crise sanitaire seront en outre majorées de 50% sans fiscalité ni charge, ce qui représenterait en moyenne 600 euros par agent.
Ces mesures (d'un coût total de 1,3 milliard d'euros), jugées insuffisantes par plusieurs collectifs et syndicats, sont incluses dans le deuxième projet de loi de finances rectificatif (PLFR) pour 2020. Présenté mercredi en conseil des ministres, le texte a été débattu vendredi en séance publique à l’Assemblée nationale et sera examiné par le Sénat à partir de mardi.
Il revoit à la hausse le plan de soutien à l’économie, qui passe de 45 milliards à 110 milliards d’euros, avec une enveloppe dévolue à la santé de 8 milliards au lieu de 2 milliards.
Les dépenses consacrées à la santé correspondraient à un taux de progression de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) d'environ 7%, contre 2,5% prévu dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2020.

Pas de LFSS rectificative pour l'instant, une ordonnance pour les libéraux

Entendu mercredi par le Sénat, le directeur général de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, a jugé prudent d'attendre les chiffres stabilisés sur l'impact de l'épidémie, d'ici l'été, avant d'envisager une LFSS rectificative pour 2020.
Selon lui, l’Ondam sera sans doute dépassé. Dans son premier avis annuel rendu public mercredi, le comité d'alerte sur l'évolution des dépenses d'assurance maladie ne s'est pas prononcé sur le respect de l’Ondam, du fait du caractère exceptionnel de la situation.
Lors de son audition, Nicolas Revel a fait savoir que des mesures de soutien aux libéraux confrontés à une baisse d'activité sont en discussion et seront mises en oeuvre par voie d'ordonnance. Il a noté que les médecins généralistes subissaient depuis trois semaines une baisse d’activité de 40% et les spécialistes de 50%. D'autres professions sont "quasiment à l’arrêt", comme les chirurgiens-dentistes, les kinésithérapeuthes et les orthophonistes.

Les Etats-Unis suspendent leur financement à l'OMS

Au niveau international, l’actualité a été marquée par l’annonce, mardi, de la suspension du financement américain de l’OMS en raison de sa gestion de la pandémie. L’OMS et l’ONU ont regretté cette décision, les Etats-Unis étant le premier contributeur de l’institution (22% de son budget en 2018).
Auditionné par le Sénat, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a estimé mercredi qu'"il y a sans doute des choses à dire sur le fonctionnement de l'OMS, peut-être un manque de réactivité, d'autonomie par rapport aux Etats, peut-être un manque de moyens de détection, d'alerte et d'information, de capacité normative". Il a toutefois regretté la mise en difficulté de l’OMS par les Etats-Unis en pleine crise et jugé que la situation pourrait permettre de "revoir le rôle de chacun des grands outils qui existent aujourd'hui".
Toujours aux Etats-Unis, le chef de la diplomatie, Mike Pompeo, a annoncé jeudi qu'une "enquête exhaustive" était en cours "sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s’est propagé, a contaminé le monde". Emmanuel Macron, lui, a observé jeudi auprès du Financial Times qu’"il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas", en référence au manque de transparence des autorités chinoises sur sa gestion de l’épidémie.
Le président français a aussi estimé dans une interview au Point cette semaine que "personne" ne pouvait prévoir l'impact mondial du coronavirus lorsqu'il a commencé à se propager en Chine. Auprès de RFI, il a qualifié le Pr Didier Raoult, qui mène à Marseille des travaux contestés sur l’association hydroxycholoriquine + azythromicine, de "grand scientifique".
"Il faut qu'on avance, qu'on montre l'efficacité et qu'on mesure la toxicité" de la bithérapie, a-t-il déclaré, tout en précisant qu'il se montrait "très prudent" sur le sujet. Deux études -un essai randomisé chinois et une étude rétrospective française- ont été publiées mardi et suggèrent que l'hydroxychloroquine n'est pas efficace.
Plusieurs autres traitements et vaccins sont à l’étude. La Commission européenne va organiser le 4 mai une conférence en ligne pour réunir des fonds afin de financer la recherche d’un vaccin. Emmanuel Macron a quant à lui réuni jeudi le directeur général de l'OMS et plusieurs acteurs internationaux (Banque mondiale, Unitaid, alliance GAVI, Fondation Bill & Melinda Gates, etc.) pour réfléchir aux contours d'une initiative commune visant à accélérer le développement de vaccins et de traitements.
gb/eh/APMnews

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