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Coronavirus: quoi de neuf depuis mardi? (synthèse)

PARIS, 24 avril 2020 (APMnews) - Face à une actualité riche et inédite, APMnews propose à ses lecteurs, deux fois par semaine, le mardi (cf dépêche du 21/04/2020 à 22:27) et le vendredi soir, un retour sur l’essentiel des informations liées à l’épidémie de Covid-19 des jours précédents, pour offrir une vue d'ensemble en quelques minutes.
On dénombrait vendredi 28.658 patients hospitalisés pour Covid-19 (soit -561 vs jeudi) et 4.870 patients en réanimation (soit -183). Depuis le 1er mars, 22.245 décès ont été rapportés, dont 13.852 en milieu hospitalier et 8.393 dans les établissements médico-sociaux, dont les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). La mortalité toutes causes est en hausse de 25% entre le 1er mars et le 13 avril par rapport à la même période il y a un an, a indiqué l'Insee vendredi.
A l'international, les Etats-Unis comptaient 870.000 cas et plus de 50.000 décès vendredi et l'Europe, 1 million de cas et 113.000 décès. L'Italie déplorait 25.969 morts et le Royaume-Uni, 19.506, selon l'université américaine Johns Hopkins (Baltimore).
Annoncé pour le 11 mai, le déconfinement se précise en France. L’Elysée a fait savoir jeudi qu'il ne procéderait pas par régions, Emmanuel Macron préférant un cadre national qui "s'adaptera aux réalités de chaque territoire".
Sur les masques, "il y aura toujours une priorisation des masques FFP2 et chirurgicaux" pour les soignants. Le masque grand public, lui, sera recommandé mais pas obligatoire "car il faut avant tout respecter les gestes barrières", a indiqué la présidence de la République à l’issue d’une réunion entre le chef de l’Etat et les représentants des maires. Pour les transports publics, l’Elysée attend un "cahier des charges sanitaire et opérationnel" pour permettre la reprise. Le port du masque y sera probablement obligatoire.
Le cadre général du déconfinement sera présenté aux élus locaux en début de semaine prochaine. Une période de concertation suivra, avant finalisation et présentation la semaine suivante, début mai. La même semaine, un débat suivi d'un vote sera organisé à l'Assemblée nationale et au Sénat.
La secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie et des finances, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé vendredi dans Les Echos que l’Etat distribuerait des masques grand public à partir du 4 mai, dans le cadre d’expérimentations. Plusieurs modes de distribution sont à l’étude: pharmacies, mairies, grande distribution, buralistes, e-commerce, etc.
Selon la secrétaire d’Etat, "la production a atteint plus de 10 millions de masques la semaine dernière et l'approvisionnement, par la production française et les importations, va s'accroître rapidement, pour dépasser 25 millions de masques lavables par semaine fin avril". Interrogée sur un éventuel encadrement des prix, elle a répondu que "ce n’est pas d’actualité". Un masque devrait coûter entre 2 et 5 euros et être lavable et réutilisable jusqu'à 30 fois.
Les commerces de tissu ont été autorisés à rouvrir à compter de ce vendredi pour permettre à ceux qui le souhaitent de se confectionner des masques à la maison. L'académie de médecine a appelé mercredi à la généralisation immédiate du port du masque.

Risque de reprise épidémique

Selon une étude de modélisation réalisée par des chercheurs de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), le confinement de la population française pendant un mois a permis d'éviter environ 590.000 hospitalisations pour Covid-19 et 140.000 admissions en réanimation, ainsi que plus de 60.000 décès intrahospitaliers.
Alors qu’une immunité collective n’est pas envisageable et qu’aucun traitement ni vaccin n’est disponible à ce jour, le gouvernement compte réussir le déconfinement grâce à des mesures de prévention renforcées, des opérations de dépistage et l’isolement des porteurs du virus.
Il n'écarte pas la possibilité d’un reconfinement en cas de nouvelle vague épidémique. "Cela fait partie des hypothèses, notamment si des clusters se développent dans certains territoires", a reconnu la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, dans Le Monde daté de jeudi.
Lors d’une audition à l’Assemblée nationale jeudi, le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, a prévenu que les mesures barrière "vont se poursuivre, avec le télétravail et la réduction des contacts, pendant des semaines et des mois" après le déconfinement.
Pour lui, le "risque de reprise épidémique" est bien présent, dans la mesure où seuls 2% à 3% de la population mondiale est à ce stade immunisée contre le Sars-CoV-2. Le DGS a assuré que les personnes infectées développaient bien des anticorps et que ceux-ci étaient "protecteurs", deux points qui font débat dans la communauté scientifique.
Invité vendredi sur France inter, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a évoqué une étude française montrant que chez des patients peu symptomatiques et testés pour le Covid-19, "tous, sauf un, ont développé des anticorps". Il a ajouté que 40.000 à 50.000 tests PCR étaient effectués chaque jour. "On va être à environ 300.000 tests réalisés par semaine", a-t-il rapporté. Le premier des 20 appareils de séquençage à haut débit commandés par l'Etat a été mis en fonctionnement aux Hospices civils de Lyon (HCL).
Au Parlement, les députés et les sénateurs ont adopté jeudi le deuxième projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2020, qui a fait l’objet d’un accord en commission mixte paritaire (CMP). Le texte fait notamment passer le plan de soutien à l’économie de 45 milliards à 100 milliards d'euros et comprend une prime exceptionnelle pour les personnels hospitaliers.
Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé mercredi lors d'une audition au Sénat que le déficit de la sécurité sociale devrait atteindre 41 milliards d’euros en 2020, selon des prévisions "optimistes" et provisoires. La dette portée par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) atteindrait 45 milliards.
Au niveau des établissements de santé, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) a indiqué jeudi que la consigne de déprogrammation des interventions médicales et chirurgicales non urgentes et sans mise en cause du pronostic vital "reste en vigueur". Malgré l'amélioration relative de la situation, l'objectif est de "maintenir la capacité du système de santé à faire face à une éventuelle résurgence épidémique et préserver des stocks suffisants en produits de santé nécessaires à la réanimation".
La DGOS a toutefois observé que "certaines prises en charge ayant pu être différées deviennent désormais urgentes pour les patients". Dans ce cas, ces patients "doivent reprendre contact avec leur médecin pour évaluer leur état de santé et poursuivre leurs soins".

Une étude américaine défavorable à l'hydroxychloroquine

En matière de recherche, les données défavorables à l’hydroxychloroquine, défendue par le Pr Didier Raoult et autorisées de façon dérogatoire dans le Covid-19 à l’hôpital chez des patients sévères, s’accumulent.
Après un essai randomisé chinois et une étude rétrospective française suggérant l'absence d'efficacité de l'hydroxychloroquine seule, des travaux rétrospectifs américains diffusés mardi en prépublication ont mis en évidence une fréquence de décès plus de deux fois supérieure chez des vétérans atteints de Covid-19 traités par hydroxychloroquine. Le Pr Raoult a rejeté ces conclusions sur Twitter, invoquant trois biais majeurs dans l’étude.
Selon Le Monde daté de samedi, la pharmacovigilance a enregistré 96 notifications d’effets indésirables cardiaques liés à des médicaments évalués dans le Covid-19 entre le 27 mars et le 21 avril (contre 54 au 9 avril). 83% des déclarations concernaient un patient traité par hydroxychloroquine ou chloroquine (associé dans environ la moitié des cas à l’azithromycine). Un traitement par lopinavir + ritonavir était retrouvé dans 16%.
Parmi les autres pistes de traitement, le remdésivir (Gilead) n'a pas montré de bénéfice dans un essai dont les résultats ont été publiés jeudi par erreur sur le site de l’OMS, avant d'être retirés. Gilead a souligné qu'il s'agit de données préliminaires qui ne permettent pas de tirer de conclusion.
Une étude française publiée mardi suggère que la nicotine pourrait avoir un effet protecteur contre le nouveau coronavirus, vu la faible part de fumeurs quotidiens parmi les patients atteints de Covid-19. Face à ces résultats, les autorités sanitaires ont appelé à la prudence. Pour éviter des achats massifs, un arrêté a été publié vendredi pour limiter, jusqu’au 11 mai, la dispensation de produits nicotiniques en officine à un mois de traitement. La vente sur internet est suspendue.
Dans un communiqué diffusé jeudi, le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a dénoncé "les protocoles de recherche clinique illégaux" et les prescriptions hors autorisation de mise sur le marché (AMM) "non justifiées", et appelé "fermement" les praticiens à respecter les règles.
gb/eh/APMnews

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